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Tome sixieme.
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L r V R E Xí. C II A P. VI. 1+r

j, vous secoui'ir & de vous soulager dans vos peines ? Quand pour pa-5 , reil sujet des soldats, qui font du service un métier mercenaire, quit-tent ceux à la solde desquels ils fervent, ils ne font pas lì criminels;„ mais que des gens qui ne font la guerre que pour eux-mêmes, pour„ leurs femmes & pour leurs en fans, tombent dans cette infidélité, c’est„ un crime impardonnable. C’eft comme fi un fils se plaignant que son-„ père fa trompé dans un compte qu’ilsavoient à régler ensemble, s’en-alloít en armes arracher la vie à celui dont il a reçu la sienne. Direz-vous que je vous ai commandé des travaux plus pénibles qu’aux au-„ tres, que je vous ai exposé à plus de dangers, & que je leur ai fait,, plus de part qu’à vous du butin & des autres émolumens de la guer-„ re? Mais vous isoleriez m’accuser d’avoir fait cette distinction &„ cette différence, ou quand vous seriez assez hardis pour cela, vous„ ne pourriez le persuader à personne. Quel sujet vous ai-je donc„ donné de vous éloigner de moi? Je voudrois le sçavoir, car il me,, semble que vous n’avez rien à dire, rien même à penser contre la„ conduite que j’ai tenue à votre égard.

„ Vous ne pouvez pas non plus vous jetter fur la situation des af~„ faires présentes. Jamais ont-elles été en meilleur état? Jamais Rome,, a-t-elle remporté de plus grands avantages fur les ennemis? JamaisZ, le soldat a- 1 -il eu de plus grandes espérances? Quelque esprit défiant„ dira peut-être qu’il y a pour vous plus à gagner & plus à espérer chez„ les ennemis. Et quels font ces ennemis? Indibilis & Mandonius?-„ Quoi, ne sçavez vous pas qu’ils ne font venus de notre côtéqu’après„ avoir violé la foi qu’ils dévoient aux Carthaginois, & qu’ils ne font„ retournés chez les Carthaginois qu’apròs avoir foulé aux pieds la,, fidélité qu’ils nous avoient jurée? Après cela de íi honnêtes gens ne„ méritent-ils pas bien qu’on ajoute foi à leurs promesses, & qu’on pren-„ ne les armes en leur faveur contre íà propre patrie? Vous n’efpériez„ pas non plus apparemment que combattant fous leurs enseignes vous„ vous rendriez maîtres de l’Espagne. Ni en joignant VOS forces avec„ celles d’indibilis, ni par vous-mêmes, vous n’étiez assez forts pour„ vous opposer à nos conquêtes. Quelles ont donc été vos vues ? Ne„ pcurrois-je pas les sçavoir de vous mêmes? Estcel’expérience, la va-„ leur, fhabileté de ces grands Capitaines, que vous vous êtes choisis,„ qui a gagné votre confiance? Sont-ce les faisceaux «Scies haches qu’ils„ font marcher devant eux qui vous en ont imposé? Maìsj’auroishon-», te de m’arrêter là - dessus davantage. Ce n’eft rien de tout cela, Ro-„ mains, vous n’avez rien de juste à reprocher, ni à votre patrie, ni à.-„ votre Général. Je n’ai pour justifier votre faute «Sc auprès de Rome <fc,, auprès de moi, sinon que la multitude est aisée à tromper, & qu’il ess„ facile de la pousser où l’on veut. Elle est susceptible des mêmes agita-3, tions que la mer. Et comme celle-ci, quoique douce, tranquille &

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