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Tome sixieme.
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!4c HISTOIRE DE POL Y B E,

avoit ordonné aux troupes qu’il avoit avec lui, de faire provision devivres pour plusieurs jours, parce qu’il devoit marcher avec Syllami 3contre lndibilis, qui avoit quitté le parti des Romains. Cette nouvel-le rendit encore les séditieux plus fiers «Se plus hardis, ils se flattèrentqu’ils dispolèroient presque de tout à leur gré avec un Général quin’au-roit pas d’autres soldats qu’eux.

Quand ils furent allez près de la ville, il fit dire aux troupes quiétoient dedans de partir avec leurs équipages le lendemain dès qu’il fe-roit jour; «Sc aux Tribuns «Sc aux Préfets, quand ils seroient sortis dele ville, d’envoier devant les premiers équipages, mais de faire faireLite aux soldats à la porte, de se partager ensuite à chaque porte, «Scde veiller à ce qu’aucun des séditieux ne sortît de la ville. Les Tribunsqui avoient ordre d’alier au devant d’eux ne manquèrent pas d’v obéir,ils furent les joindre dès qu’ils arrivèrent, «Sc leur firent beaucoup decaresses. 11 leur avoit été ordonné de s’en saisir d’abord, & après lerepas de les lier & garder, fans permettre k personne de sortir del’endroit où ils auroient mangé, excepté à celui qui devoit porter auGénéral la nouvelle de ce qui se seroit passé. Tout cela aiant étéexécuté, le lendemain au point du jour, Scipion voiant ces séditieuxramassés.dans la place publique, il convoqua l’assemblée. Sur le champtous accoururent selon la coutume, tous dans l’attente de voir leurGénéral «Sc d’entendre ce qu’il avoit à leur dire fur les affaires présen-tes. Alors Scipion envoia ordre aux Tribuns qui étoient aux portesd’amener les soldats en armes, «Sc d’envelopper l’assemblée. II s’avançaensuite, «Sc au premier coup d’œil que tous jettérent fur lui, ils furentextrêmement surpris de le voir dans une parfaite santé, lui qu’ils croioientencore pouvoir à peine íe soutenir.

11 commença par leur dire qu’il ne pou volt comprendre quels mécon-tentemens ou quelles espérances les avoient portés à se révolter: que lesrévoltes contre la patrie «Sc contre les Chefs ne venoient ordinairementque de trois causes, ou de ce que l'on avoit lieu de se plaindre de sesOfficiers, ou de ce que l’on n’étoit pas content de la situation présentedes affaires, ou de ce que l’on afpiroit à quelque chose de plus grand6c de plus illustre que ce que l’on avoit.

z, Or dites-moi, je vous prie, laquelle de ces trois causes vous apoussés à la révolte ? M’auriez- vous sçû mauvais gré de ce que votre„ solde ne vous a pas été paiée ? Mais la faute ne doit pas m’en êtreimputée, car tant que la chose a été en mon pouvoir, l’argent qui„ vous étoit dû ne vous a jamais manqué. Que si c’est Rome qui est cause:„ que vous n’avez pas reçu ce que l’on vous doit depuis longtems, falloit-il» pour cela vous déclarer contre votre patrie, qui jusqu’à présent a fourni„ k tous vos besoins, «Sc dans le sein de laquelle vous avez été élevés?33 Ne valloit-il pas mieux ms faire vos plaintes 6c prier vos amis de

,3 vous