LIVRE XII. C II A P. II. 14^
unes de ces filles se trouvèrent dans la colonie, & ceux qui en dé*ccndent font encore regardés comme nobles, & on les appelle lesensans de cent familles.
Autre preuve, il y a chez eux une fille à qui le ministère auquel elleest emploiée fait donner le nom de Phialephore. La raison qu’ils don-nent de cet établissement, la voici. Dans le tems qu’ils chassèrent lesSiciliens de Pendroit d’Italie qu’ils occupent aujourd’hui, ces peuplesavoient à la tête de leurs sacrifices un de leurs plus nobles Sc de leursplus illustres citoiens. Les Locriens qui n’avoient reçu de leurs pèresaucune loi fur les sacrifices, prirent des Siciliens cette coûtume, com-me la plupart des autres de la même nation, & font depuis toujoursgardée, avec ce changement néanmoins, qu’au lieu d’uii jeune hom-me, c’est une jeune fille qui est Phialephore, parce que chez eux íànoblesse vient des femmes.
11s ajoutent qu’ils n’ont aucune alliance avec les Locriens de Gréce,& qu’ils n’ont pas ouï dire qu’ils en aient jamais eu ; au lieir qu’ils fça-vent par tradition qu’ils en avoient avec les Siciliens. Ils disent mêmela maniéré dont on s’y prit pour traiter avec ce peuple , qui estqu’en arrivant dans le pais, les Siciliens épouvantés n’aiant pû íe dé-fendre de les recevoir , les Locriens leur jurèrent qu’ils vivroient dabonne amitié avec eux, & que le païs feroit commun aux deux na-tions, tant qu'ils marcheraient Jur cette terre b qiCils port croient' destêtes jur les épaules: mais qu’avant de faire ce ferment ils avoient misde la terre fous la semelle de leurs souliers Sc fur léurs épaulés destêtes d’ail qui ne paroissoient' point , Sc qu’aiant ensuite secoué laterre de leurs souliers & les têtes d’ail de dessus leurs épaules, ils a-voient à la première occasion qu’ils avoient crue favorable , chasseles Siciliens de cette contrée.
CHAPITRE III.
Deux Jortës de faussetés à distinguer dam me Histoire. ~
T Imée dit que comme une régie ne laisse pas d’étre régie Sc de mé-riter ce nom, quoiqu’elle soit ou trop courte ou trop étroite^pourvu qu’elle soit droite; Sc qu’au contraire on doit l’appeller de toutautre nom, lorsqu’elle manque de cette propriété qui lui est essentielle ;il en est de même de l’Histoire. Que le stile n’en soit pas tel qu’il de-vroit être , que la disposition en soit défectueuse , qu’elle pèche enquelque autre des parties qui lui font propres, fi l’on s’y est étu-dié à rapporter la vérité, tous ces défauts n’empêchent pas que îe
T 3 nom-