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Tome sixieme.
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LIVRE XII. CHAP. VII. 155

espace trente-deux mille hommes fur trente de hauteur. Cependant àl’heure du combat la phalange étoit fur huit de hauteur au rapport deCallilthene. Comment excufer des contradictions íi manifestes? L’im-poíïibilité des faits qu’il rapporte faute d’abord aux yeux. Après avoirmarqué l’intervalle qu’il y avoit entre chaque homme, déterminé lagrandeur du terrain, compté le nombre des troupes, il ne pouvoicmentir fans fe rendre inexcusable.

Je ferois trop long, fi je voulois montrer toutes les absurdités où ilest tombé. J’en toucherai seulement quelques-unes. II dit qu’Alexandreen mettant son armée en bataille prit garde qu’il put combattre avec lecorps que commandent Darius, & de même que Danus vouloit fe bat-tre contre Alexandre; mais qu’enfuite il changea de sentiment, & ilne dit ni comment Pun & Pautre pouvoient connoîcre en quel quar-tier de leurs armées ils étoient, ni où Darius fe retira après avoir chan-gé de résolution. De plus comment la phalange en bataille eít-ellemontée fur le bord d’un fleuve, qui presque par tout efl escarpé &couvert de buissons ? 11 n’eft pas permis de mettre une si grande

ignorance fur le compte d’Alexandre que l’on reconnoît avoir dèsson enfance appris & exercé le métier des armes. On ne doit doncs’en prendre qu’à l’Historien , qui étoit fi neuf dans les choies dela guerre qu’il n’y fçavoit distinguer ce qui fe pouvoit de cequi ne fe pouvoit pas. Mais laissons-là enfin Ephore & Callissthene.

CHAPITRE VII.

Motifs qui doivent porter à la paix.

O N doit d’abord faire remarquer à l’Assemblé que pendant laguerre c’eft le bruit des trompettes qui éveille le matin, «Se dansla paix, le chant des cocqs. Ensuite qu’Hercule en instituant les jeuxOlympiques à montré qu’elle étoit en cela son intention, qu’en faisantla guerre il n’avoit fait de mal à personne que par nécessité & par or-dre, «Se que volontairement il n’avoit jamais porté à personne aucunpréjudice: en troisième lieu, que Jupiter dans Ilomere ne peut souf-frir le Dieu Mars. De tous les Dieux , lui dit-il, qui habitent lehaut Olympe vous êtes celui que je hais le plus , parce que vousne rejpirez que querelles , que guerres ct? que batailles. Que dansle même Poète le plus sage des Héros dit, que qui aime la guerre ct?se plaît dans ses désordres , rìa ni famille , ni amour de la juflke , risoier. Qu’Euripide s’accorde en cela avec Homère, puisqu’il s’écrie,

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