Band 
Tome sixieme.
Seite
164
JPEG-Download
 

164. HISTOIRE D F. rOLYBE,

sur ce point, & il avoir donné ordre aux députés de ne pas revenirqu’ils ne lui apportasient réponse sur chacun de ces articles. Cette dé-fense de retourner sans réponse, cette inquiétude sur la dispolition oùétoient les Carthaginois, persuadèrent au Numide que Scipion son-geoit sérieusement à conclure la paix. Dans cette pensée il envoie aver-tir .Asdrubal de ce qui se paísoit 6c l’exhorter à finir la guerre, vivantpendant ce tems-lk fans souci 6c ne s’embarassant pas que les Numidesqui venoient de nouveau le logeassent hors du camp. Scipion affec-toit la même tranquillité, mais au fond il ne perdoit point de vuëson projet.

Syphax averti de la part des Carthaginois qu’il n’avoit qu’k trai-ter avec les Romains, transporté de joie en donne avis aux dépu-tés, qui fur le champ portèrent cette nouvelle à Scipion. Ce Géné-ral lui renvoia dire aussitôt que pour lui il ne demandoit pas mieuxque de faire la paix , mais que son conseil étoit du sentiment qu’ilfàlloit continuer la guerre. C’étoit de peur que s’il faisoit quelqueaéte d’hostilité pendant que l'on traitoit de paix, il ne parût allercontre la- bonne foi: au lieu qu’après cette déclaration il croioitêtre k couvert de tout reproche, quelque chose qu’on entreprît con-tre les ennemis*.

Ce changement fit beaucoup de peine k Syphax, qui avoit déja con-çu de grandes espérances de la paix. 11 fut s’aboucher avec Asdrubal,& lui annonça ce qu’il venoit d’apprendre de la part des Romains.Dans finquiétude où cette nouvelle les jetta, ils tinrent conseil entreeux sur les mesures qu’ils avoient k prendre: mais ils ne pensèrentà rien moins qu’au péril dont ils étoient menacés, 6c ne songèrentpoint du tout aux précautions qui étoient nécessaires pour l’éviter.Toutes leurs vues le bornèrent k tâcher d’attirer les Romains en rasecampagne pour les combattre, ce qu’ils souhaitaient avec une extrê-me passion.

Jusqu'alors fur les préparatifs que faisoit Scipion & sur les ordresqu’il donnoit, on avoit cru qu’il vouîoit surprendre Utique, mais enfinil s’ouvrit fur son dessein à un certain nombre de Tribuns choisis, 6cles avertit vers le milieu du jour de souper k l’heure ordinaire, 6caprès que toutes les trompettes ensemble auroient sonné, selon lacoutume, de faire sortir farinée du camp. C’est l'usage chez les Ro-mains que toutes les trompettes sonnent vers fheure du souper proche3a tente du Général , parce que c’est le tems que toutes les gardesse distribuent. Ensuite aiant assemblé tous ceux qu’il avoit envoiés re-connoître les deux camps des ennemis, il examina 6c compara ensem-ble tout ce qu’iîs lui disoient des routes 6c des entrées de ces camps,consultant surtout Malfinissa, k qui les lieux étoient fort connus.Quand tout fut disposé 6c qu’il eut laissé pour la garde du camp

un