! go histoire de p o l y b e,
brave homme & d’un grand Capitaine. Premièrement il entra en con-férence pour tâcher de finir la guerre par lui- même. Ce n’étoit pasdéshonorer ses premiers exploits, c’etoit se déher de la fortune & sem »ttre en garde contre l’incertitude & la bizarrerie des armes. Dansle combat il se conduisit de façon, qu’aiant à se servir des mêmes ar-me< que les Romains il ne pouvoit mieux Vy prendre, ^ordonnancedes Romains est très-difficilé à rompre, chez eux Farinée en général& chaque corps en particulier combat de quelque côté que.Fennemife présente, parce que leur ordre de bataille eíì tel, que les cohortesles plus proches du péril se tournent toujours toutes ensemble du côtéqu’il faut D’ailleurs leur armure leur donne beaucoup d’aílùrance &de hardiesse, la grandeur de leurs boucliers & la force de leurs é-pées fait acheter bien cher la victoire. Cependant Anmbal. emploiatout ce qui se pouvoit humainement trouver de moiens pour vain-cre tous ces obstacles. 11 avoit amassé grand nombre d’éléphans, & lesavoit mis à la tête pour troubler & rompre l’ordonnance des Romains.En postant k la première ligne les étrangers soudoies, & après eux lesCarthaginois, il avoit en vue de lasser d’abord les ennemis & d’émoufser leurs épées k force de tuer: de plus mettant les Carthaginois entredeux lignes, il les réduisoit k la nécessité de combattre, suivant lamaxime d’Homére. Les plus braves & les plus fermes, il les avoitrano-és k une certaine distance, afin que voiant de loin levenement& aiant toutes leurs forces, quand le bon moment seroit venu, ilstombassent avec valeur fur les ennemis. Si ce Héros, jusqu alors invin-cible après avoir fait pour vaincre tout ce qui fe pouvoit faire , n apas laissé d’être vaincu, on ne doit pas le lui reprocher. La fortunequelquefois s’oppofè aux desseins des grands hommes, & d ail-leurs il est assez ordinaire qu’un habile homme soit vaincu par unplus habile.
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