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Tome sixieme.
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186
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HISTOIRE DE P O L Y B E,

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A vous Princes & Trìaires.

Marche.

Les cohortes des Princes garderont quatre pas d’intervalle entre celles des Hastai-res, de même les cohortes des Triaires garderont le même intervalle entre cellesdes Princes.

Scipion laiíJà cet intervalle M. pour que les armés h la légére N. se retirassent en-tre l’intervalle des sections.

Le Général Romain se rangea ainsi, c’est-k-dire en colonnes parfaites, jugeant quele gain de la bataille dépendoit uniquement de la profondeur de ces corps, de la pe-santeur du premier choc & de la défaite de k première ligne Carthaginoise,qui étantrompue & poussée vigoureusement, se renverserait infailliblement sur la seconde;quecomme celle-ci étoit rangée en phalange sans aucun intervalle entre les corps & neformol t qu’une masse unie & serrée, non plus que la troisième, les suiards ne man-queraient pas d’y je t ter le trouble & la confusion, & que par cet ordre admirable ilpasièroit fur le ventre de ces trois lignes : tant la diíposition de son ennemi lui parutfoible & peu sensée ; quoique redoutable en apparence.

§- II.

Combat.

S Cipion parut tout d’un coup dans cet ordre, ce qui dut étonner Annibal, qui fitavancer ses éléphans F. les armés à la légére N. leur allèrent au-devant, & leurgagnant la croupe les détournèrent dans les intervalles P. d’entre les colonnes, pourles obliger de sortir par ces intervalles:que s’ils enflent été trop petits comme ceux deRégulus contre Xantippe, ces animaux fussent infailliblement tombés fur les colon-nes, & les euíîènt renversées.

Cet expédient de Scipion d’empêcher que les éléphans ne miílènt le désordredans son infanterie, & de les obliger par son infanterie légére de s’écouler entreles espaces P. eut tout l’esset que ce Général pouvoit en attendre. Us surent chassés& suivis par les armés à la légére, ils ne sirent aucun mal & gagnèrent la cam-pagne , fans que leurs conducteurs pussent les détourner h droit ou h gauche furies co-lonnes, & pendant qu’ils s’écouloient par les espaces d'entre les colonnes, une partiedes armés à k légére leur lançoient des dards & des flèches par les petits intervallesd’entre les sections qu’on avoit saisie à ce dessein pour les former au moment duchoc.

Les éléphans aiant été chassés fans peine fur les derrières de la ligne, & bien auloin dans k campagne, les cohortes se reíîèrrércnt à la queue les unes des autres pourne former qu’un seul corps & une feule mafle dans un très grand ordre, & les légè-rement armés gagnèrent 1a queue de la ligne.

Les choses s’étant passées de la forte aux éléphans, comme je viens de le dire, lescolonnes attaquèrent & choquèrent de tête avec cette impétuosité qui est toute naturellek cette excellente maniéré de combattre; les derniers rangs, comme dit l’Auteur,s'ex-citant & s'animant par leurs cris, & poussant ceux qui les devançoient avec cette vio-lence que nul effort ne peut soutenir, si l’on ne combat dans un ordre semblable.

Les Romains trouvèrent une fl grande résistance, que l’Hiítoire ne nous apprend