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villes. Ils étòient venus pour délivrer les Cianiens des maux dont ilsétoient menacés, ils n’y étoient venus que parcs que lui-même lesy avoit exhortés & preíìés même avec instance, «Sc ils ne font pas plu-tôt arrivés qu’il les rend spectateurs des choses qu’ils craignoient le plus.Ajoutez à cela qu’il indisposa tellement les Rhodiens contre lui, qu’ilsne purent plus en entendre parler. Et le hazard aida beaucoup à leurinspirer cette haine. Car pendant que son Ambassadeur tâchoit dans lethéâtre de justifier fa conduite, & leur vantoit fort la générosité da Phi-lippe, qui maître en quelque forte de leur ville les avoit laissés jouir deleur liberté, tant pour détruire les calomnies que ses ennemis avoientrépandues, que pour donner aux Rhodiens des preuves du bien qu’illeur vouloit: je ne.sçai quel homme arrivant de la ilote dans le Prytanéeannonça la prise de la ville des Cianiens, & les cruautés que Philippe yavoit exercées. Cette nouvelle apportée au milieu du discours de l’Am-bassadeur, par le premier Magistrat des Rhodiens,. surprit si étrange-ment rassemblée,, qu’on ne pouvoit se persuader que Philippe eût étécapable d’une si étrange perfidie. Cependant ce Prince après s’êtreplus trompé lui-même qu’il n’avoit trompé les Cianiens, s’aveugla detelle fort®, qu’au lieu de rougir & mourir de honte de ce qu’il avoitfait, il s’en glorisioit comme de la plus belle action de fa vie. Aussi de-puis ce jour - là les Rhodiens le regardèrent comme leur ennemi, «Se fi-rent des préparatifs pour s’en venger. Cette même action lui attira auíEla haine des Etoliens. 11 s’étoit depuis peu remis en paix avec eux,& leur tendoit les mains; peu de tems apparavant il avoit fait allianceavec les habitans de Lysimachi , les Chalcédoniens «Sc les Cianiens.Malgré cela, il commença par éloigner fans aucun prétexte les Lysi-machiens de l’alliance qu’ils avoient avec les Etoliens, il fit consultepasser fous le joug les Chalcédoniens-, «Sc après eux les Cianiens, quoi-que celui qui commandoit dans la ville «Sc qui gouvernoit tout, y fûtde la part des Etoliens. A l’égard de Prusias, il eut beaucoup de joiede voir son entreprise heureusement terminée; mais volant qu’un au-tre en emportoit tout l’avantage, & qu’il n’avoit pour fa part qu’uneville dont il ne reftoit plus que le terrain, il en fut sensiblement touché».Mais le mal étoit. fans remède,
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