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on y croît que jamais; il ne tombe ni neige ni pluie sur la statu-" de Dia-ne Cyndiade, quoiqÚtelle soit en lieu découvert. On accorde k Veftale même privilège chez les Lasséens. 11 est aussi des Historiens chez quiTon trouve cette prétendue merveille. Pour moi je ne fçai pourquoi jene puis m’empécher de bannir de mon Histoire ces sortes de particula-rités. II me semble que c’est une faiblesse puérile que d’ajouter soi kces choses qui non seulement sont hors de toute vraisemblance, maisne sont pas même possibles. II faut ne pas avoir le sens commun pourdire par exemple que certains corps exposés au soleil ne font pas d'om-bre. Théopompe a cependant la simplicité d’assùrer que ceux -lk n’enfont pas, qui en Arcadie entrent dans le Temple de Jupiter. Ce quenous rapportions plus haut n'eft pas moins incroiable. Quand certainsprodiges ou certains faits extraordinaires peuvent contribuer à conser-ver parmi le peuple le respect à l’obéissance qiril doit à la divinité, jene trouve pas mauvais que les Historiens nous en entretiennent ; maisencore faut-il qu'ils se contiennent dans les justes bornes. J’avouê qu’iln’eft pas toujours aisé de fixer celles où l’on doit se renfermer, maisenfin ce n’eft pas une chose impossible. Pour dire ce que j’en pense,jusqu’à certain degré il est excusable d’ignorer le vrai ou de croire lefaux; mais quand l’ignorance ou la crédulité vont juíqu’à l’excès, celaest intolérable.
C II A P I T R E V.
Retour de Scipion à Rome son triomphe. Mort de Syphax.
C E fut environ vers ce tems - là que Scipion quitta l’Afrique pourrevenir k Rome. Un Consul, qui s’étoit illustré par tant degrands exploits, ne pouvoit manquer d’y être attendu avec une extrê-me impatience. Son entrée fut pompeuse, & il reçut du peuple tou-tes les marques d’eftime & d’aftection imaginables. II les méritoit, &l’on ne faisoit en cela que lui rendre justice. La joie fut extrême, lors-qu’on revit un homme qui non seulement avoit chassé Annibal d’Italie& détourné de dessus la patrie la tempête qui la menaçait, deux avan-tages qu’on n’avoit pas jusqu’alors osé même espérer, mais encore avoit *rétabli la tranquillité publique & domté les ennemis qui l’avoient trou-blée. Quand il entra triomphant dans la ville, ce fut alors surtout quel’appareíl & les ornemens du triomphe rappellant k la mémoire descitoiens les dangers dont ils avoient été délivrés, ils éclatèrent enactions de grâces, & qu’ils firent paraître combien ils aimaientFauteur d’un pareil changement. Syphax Roi des Masesyliens sui-
Dd 2 voit