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Tome sixieme.
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LIVRE XVI. CHAP. VIL 2jf

portèrent le même decret contre leurs familles, mais leurs affaires n’é-toient pas lì ddespérées; puifqu’ils dévoient combattre en bataille ran-gée contre les Thessaliens. Les Acarnaniens avoient aufii la même res-source, lorsqu’apprenant que les Etoliens venoient les attaquer ils fi-rent un decret semblable à celui des Phocéens. Mais les Abydéniensétoient enveloppés de tous les côtés & ne voioient nul jour à fesauver , lorsqu’ils résolurent de mourir plutôt avec leurs femmes &leurs enfans, que de penser d’avancc que leurs femmes & leurs en-fans tomberoient entre les mains de leurs ennemis. La fortune futmoins équitable h l’égard de ce peuple qu’elle ne l’avoit été k l’é-gnrd des deux autres. Elle eut compassion de la mort de ceux-ci,rétablit leurs affaires, & par une victoire complette les délivra deleurs ennemis lorsqu’ils attendoient le moins une íì grande faveur:mais elle ne traita pas fi favorablement les Abydéniens. Car ils per-dirent la vie, leur ville fut prise, & les enfans avec leurs mères fu-rent la proie des Macédoniens. Voici comme la chose arriva. Aprèsla chûte de la muraille intérieure, les assiégés fur la brèche, fidèles kleur ferment, combattoient avec tant de courage, que quoiqu’k toutmoment Philippe eût soutenu jufqu’k la fin du jour par des troupesfraîches celles qui étoient montées à faisant , lorsque la nuit séparales combattans, il ne savoit encore qu’espérer du succès de son siège.Les premiers Abydéniens qui fe présentèrent sur la brèche en pas-sant sur les corps morts ne se battoient pas feulement avec fureur,ils ne se servoient pas seulement de leurs épées & de leurs javeli-nes: mais quand leurs armes avoient été rompues, ou qu’elles leuravoient été arrachées des mains, ils se jettoient à corps perdu furles Macédoniens, renversoient les uns, brisoient le surisses des au-tres , & avec les morceaux leur frappoient le visage & tout ce qu’ilstrouvoient de leur corps k découvert , & les réduisoient au déses-poir. Quand la nuit mit fin au carnage, la brèche étoit toute cou-vert e d’Abydéniens morts, & ce qui'étoit échappé pouvoit k pei-ne fe soutenir, accablés qu’ils étoient de lassitude & de blessures.Les choses étoient en cette situation, lorsque Glaucide & Théogné-te se départirent lâchement de la belle résolution qu’ils avoient pri-se avec les autres citoiens. Esclaves de leurs propres intérêts , ilsconvinrent ensemble que, pour recouvrer leurs femmes & leurs en-fans ils envoieroient k Philippe, dès le point du jour, les Prêtres &les Prêtresses revêtus de leurs habits de cérémonie , pour les lui de-mander & lui livrer la ville.

Attalus alors, fur la nouvelle du siège d’Abyde , étoit venu parla mer Egée à Ténedos, & les Ambassadeurs Romains aiant apprisà Rhodes la même chose , & voulant notifier k Philippe les inten-tions de leur République, lui avoient député M. Emilius, le plus

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