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Tome sixieme.
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21<S histoire de polybe,

jeune d’entre eux, qui arriva à Abyde dans le tems même de la trahi-son. Emilius dit à Philippe qu’il avoit ordre de la part du Sénat del’exhorter à ne faire la guerre à aucun peuple de la Gréce, à n’envahirrien de ce qui appartenoit à Ptolémée, & à mettre en justice régléeles prétentions qu’il avoit contre Attalus & les Rhodiens ; que s’il lèrendoit à ces remontrances, il vivroit en paix, & que s’il refuíoit des’y soumettre, il auroit guerre avec les Romains. Philippe voulut fai-re voir que les troubles avoient commencé par les Rhodiens. Mais E-milius l’interrompant: „ Que vous ont fait les Athéniens, lui dit-il,„ qu’avez-vous à vous plaindre des Cianiens & des Abydéniens ? Qui„ de ces peuples vous a le premier attaqué "? Le Roi embarassé de cesquestions, s’en tira en disant à l'Ambailadeur qu’il lui pardonnoit pourtrois raisons la hauteur & forgueil avec lequel il lui avoit parlé: la pre-mière, parce qu’il étoit jeune & fans expérience; la seconde, parcsqu’il étoit le plus beau des jeunes gens de son âge; &la troisième, par-ce qu’il portoit un nom Romain. Au reste, ajouta-1-il, je souhaiteque votre République garde fidèlement les Traités qu’elle a faits avecmoi, & que jamais elle ne prenne les armes contre les Macédoniens :que si elle agit autrement, nous prendrons les Dieux à témoins de soninfidélité, & nous nous défendrons en braves gens. Après cette en-trevue ils se séparèrent. Ensuite Philippe entra dans la ville, & se sai-sit, fans aucun obstacle, de toutes les richesses que les Abydéniens a-voient rassemblées dans un même lieu. Mais quelle fut fa surprise ,îorsqu'il vit les uns étouffer, les autres poignarder, ceux - ci étrangler,ceux-là jetter dans des puits, d’autres encore précipiter du haut destoits leurs femmes & leurs enfans ! Ce triste spectacle le pénétra de dou-leur, Sc il fit publier qu’il accordoit trois jours à ceux qui vouloient fependre & se donner la mort. Mais les Abydéniens avoient diípofé deleur fort. Ils auroient cru dégénérer de ceux qui avoient généreuse-ment combattu jusqu’à la mort pour leur patrie, ils ne purent survivreà ces illustres citoiens. Tous dans chaque famille fe tuèrent les uns lesautres, & il n’échappa de cette expédition que ceux à qui les mainsfurent liées, ou que l'on empêcha de quelque autre maniéré de se dé-faire eux-mêmes.

C H A-