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Tome sixieme.
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220 HISTOIRE DE P O L Y B E,

plusieurs autres membres du Conseil de ce peuple. Quand on fut pro-che de Nicée, Flaminius se mit sur le bord de la mer. Philippe ap-procha aussi de la terre, mais il n’y décendit pas & se tint á Pancre.L’Ambassadeur Romain lui ordonna de décendre; du haut de fa prouëil répondit qu’il n’en feroit rien.' On lui demanda qui il craignoit.„ Personne, repliqua-t-il, sinon les Dieux immortels; mais je me dé-,. fie de la plupart de vous tous, & principalement des Etoliens. Fia-minius surpris lui dit quede danger etoit égal pour tons. „ Cela n\st„ pas tout-à-fait ainsi, reprit Philippe; Piiéneas mort, les Etoliens ne,, manqueront pas d’autres Capitaines: mais si le même accident m’ar-., rivoit, iss n’y a personne, en Macédoine pour p'reudre ma place. Ce,, début ne parut pas de bon augure. Flaminius ne laissa pas que delui demander qu’il s’expliquât fur i’affaire présente, & il n’eut d’autreréponse du Roi, sinon que ce n’étoit point à lui de commencer, maisau Romain: que cependant il feroit bien aise de sçavoir, ce qu’il auroìtà faire pour obtenir la grâce de vivre en paix. „ Ce que l’on veut que,, vous fassiez, répondit Flaminius, est simple & clair, je vous ordon-„ ne de retirer vos croupes de toute la Gréce, de rendre à chacun les„ transfuges & les prisonniers que vous retenez , de livrer aux Ro-5 , mains toutes les places d’Ulyrië que vous avez envahies depuis la3, paix faite en Epire, & de rendre à Ptolémée toutes les villes dont5 , vous vous êtes emparé depuis la mort de Ptolémée Philopator. Puisse tournant -vers'les autrès Ambassadeurs, il leur dit de déclarer les or-dres qu’ils avoient reçus de ceux qui les avoient envoies. Dionysodoreparla le premier, & demanda que Philippe rendît à Attaîus les vais-seaux & les prisonniers qu’il avoit pris à la bataille de Chirr, & qu’il ré-parât en entier le Temple de Venus & le Nicéphore qu’il avoit renver-sés. Après lui, Aceíìmbrote Amiral áes Rhodiens, voulut que Philipperestituât aux Rhodiens la Perée qu’il leur avoit enlevée; de fssre sortird’lasse, de Bargyle & d’Euromée les garnisons qu’il avoit mises dan?ces trois villes; qu’il rétablît les Périntbiens dans la forme de gouver-nement qui leur étoit commune avec les Byfantins, & enfin qu’il se re-tirât de Selle, d’Abyde & de tous les ports de l’Asie. Les Achéens par-lèrent ensuite, & demandèrent Corinthe & Argos. Après eux Piiéneasdit qu’il íâlloit que Philippe sortît de toute la Gréce, comme les Ro-mains l’a voient demandé; & qu’il rendit aux Etoliens saines & entièresles villes qui auparavant vivoioit fous les mêmes loix qu’eux.

Alexandre surnommé l’iíien prit ensuite la parole. C’étoit un hommeen réputation d’éloquence & d’habileté dans les affaires, „ Le Roi de„ Macédoine ne fait, dit-il, ni la paix avec droiture, ni la guerre avec„ honneur. Dans ks conférences & les négociations il n’ess occupé„ qu’à tendre des pièges, à épier vcs endroits foibles, à vous saisir3, par - là comme feroit "un ennemi, S’il est question de guerre,

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