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Tome sixieme.
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livre xvìi. ciiap. í. -ìc

5 , ric.n de pins injuste & de plus lâche qne fa maniéré de combattre.„ 11 nc te présente pas de front aux ennemis, il leur tourne le dos,„ & en fuicint réduit en cendres ou met au pillage les villes qui fonts„ sur fi route, & par cet odieux procédé, vaincu il enlève aux vain-„ queurs le prix & la récompense de kurs victoires. QuJ'e disse-„ rence entre cette conduite & celle de ses prédécesseurs 1 C’écoic„ toujours à découvert & en bataille rangée quais combattoient, rare-*„ ment on les voioit détruire & renverser les villes. Je n’en veux d’au-„ tre preuve que la guerre qu’Alexandre fit à Darius dans l’Asie, &,, celle que fes successeurs eurent contre Antigonus pour l’Empire ds„ PAsie qu’il leur avoit laissé. Jufqu’à Pyrrhus, on remarque tou-

jours dans la Maison de Macédoine la même générosité, les mêmes„ maximes. Ce st toujours en pleine campagne qu’ils fe battent, ib,, n’omettent rien pour vaincre par les armes; mais ils épargnent !c»„ villes, asm que les victorieux y règnent & y aient des sujets dont ib3 , soient honorés. Au fond c’est être insensé & furieux que de ruiner,3 ce pourquoi Ton fait la guerre, & de ne ft point faire. Telle est33 cependant la maniéré d’agir de ce Roi. Quoiqu’allìé 8c ami des„ Thessaliens, loríqu’il sortie des détroits del’Epire, il leur a détruit„ plus de villes, que n’en ont jamais détruit tous ceux contre qui ils„ ont été en guerre”. Après quelques autres reproches semblables, ilfinit en demandant à Phlippe pourquoi il avoit chassé de Lyíimachie,ville alliée des Etoliens, le Préteur qui étoic de la part de ce peuple& y avoit mis garnison? Comment étant ami des Etoliens il avoit etïle iront de réduire en servitude les Cianiens qui se gouvernoienc selonles mêmes loix ? Quelle raison il avoit de retenir Echine, Thébes,Pbties, Pharftle & Larisse?

Après ce discours, Philippe s’approcha de la terre, 8c droit fur íorïvaisseau : „ On ne devoir attendre d’un Etolien, dit-il en parlant d’A-„ lexandre, qu’une déclamation de théâtre. Car qui ne fait que persony,, ne de foi-même ne fe porte h faire tort à fes propres alliés; mais qne„ les Chefs fe rencontrent quelquefois dans des conjonctures, où ils :,, font fâchés d’agir contre leurs inclinations”? 11 parloit encore, lors-'qne Phéneas, qui avoit la vuë très-soible, Pinterrompit durement, estlui disant qu’il extravaguoit & qu’il devoit ou vaincre en combattants*ou recevoir la loi des vainqueurs. „ Un aveugle même voit clair dan»'cette vérité”, reprit vivement Philippe, qui étoit naturellement railleur*& qui jusques dans cette occasion, oùiln’avoitpasfujitde rire, fe laissa abler à ion penchant. Ensuite se tournant vers Alexandre: Vous me de-,, mandez, dit-il, pourquoi je me fuis emparé de Lysimachie: c’éstds„ peur que les Thraces he s’en rendissent les maîtres & ne la renver-,, fassent, malheur qui ne lui feroit point arrivé, íi cette guerre nef„ rn’eût obligé d’en rappelier les troupes que j’y avois mises, non pour

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