226 HISTOIRE DE P O L Y B E,
nése seroit toujours dans Toppression : que íi l’on le laissoit dans Clulcis& dans le reste de l’Eubée, les Locriens, les Béotiens & les Pho-céens n’auroient rien à espérer: qu’enfin ç’en étoit fait aussi de la liber-té des Thessaliens & des Magnétes, ii l’on fòuffroit que Philippe &iës Macédoniens ressassent dans Démétriade: que quand ce Roi offroitde sortir des autres endroits, ce n’étoit que dans le dessein d’éluderpour le présent leurs poursuites: que maître des païs } dont on avoitparlé, il remettroit les Grecs sous le jongle plus aisément du monde& le jour qui lui plairoit ; qu’il ne leur restoit donc plus qu’à prierle Sénat, ou de réduire Philippe à sortir des places qu’on lui avoitmarquées, ou de laisser les choses dans Tétât où elles étoient, & decontinuer la guerre contre ce Prince avec vigueur: résolution que le Sé-nat devoit d’autant moins hésiter de prendre, que le plus fort de cet-te guerre étoit terminé, puisque les Macédoniens avoient déja perdudeux batailles fur mer, & que fur terre toutes leurs munitions étoientconsumées. Ils conclurent en suppliant le Sénat de ne pas permettreque les Grecs eussent espéré en vain de rentrer dans leur ancienneliberté, & de ne pas se priver lui-même, s’ils y rentrent, du glorieuxtitre de Libérateur, qu’il doit attendre de leur reconnoissance. Aprèseux, les Ambassadeurs de Philippe sembloient disposés à faire une lon-gue harangue, mais on leur ferma d’abord la bouche. Interrogés s’ilsse retiroient de Chalcis, de Corinthe & de Démétriade, ils répondi-rent qu’ils n’avoient point reçu d’ordre à ce sujet, & les reprochesqu’on leur en lit leur imposèrent silence.
Le Sénat envola dans les Gaules les deux Consuls, comme nous di-sions tout à l’heure, & il fut réglé que Ton continueroit la guerre con-tre Philippe, & que Flaminius seroit chargé des affaires de la Gréce.Ces nouvelles portées chez les Grecs, firent que tout ensuite réussit augré des Flaminius. On peut dire que la fortune ne contribuoit que fortpeu à son bonheur. 11 n’en étoit redevable qu’à la prudence avec la-quelle il conduisoit toutes ses entreprises; habile & intelligent autantqu’autre Romain Tait jamais été, & gouvernant les affaires de fa Ré-publique & les siennes propres avec tant d’adresse & de dextérité, qu’iln’avoit pas son égal. Alors cependant il étoit encore très-jeune, caril n’avoit pas plus de trente ans. II ess le premier qui ait passé avecune armée dans la Gréce.
CHA-