LIVRE XVII. CITAP. I. 22 f
permis à Philippe d’envoiçr à Rome des Ambassadeurs. On convintaussi qu’il en iroit de la part de tous les autres intéressés pour défendreleurs droits devant le Sénat, & y porter leurs plaintes contre le Roide Macédoine.
Flaminius aiant tiré des conférences tout l’avantage qu’il a vol t pro-jetté d’abord d’en tirer , travailla fur le champ à faire en forte queles suites en fussent également heureuses. 11 eut grand foin de prendretoutes ses sûretés, il n’accorda rien à Philippe dont il pût profiter. IIvoulut que pendant les deux mois de trêve qu’il lui donnoit, il envoiâtson Ambassade à Rome, & lui ordonna de retirer incessamment sesgarnisons de la Phocide «Sc de la Locride. Ses foins détendirent aussiliir fes alliés. 11 eut une extrême attention qu’il ne leur fût fait aucuntort parmes Macédoniens, pendant le tems de la trêve. Après avoirmarqué par écrit à Philippe les conditions de la trêve, il éxécuta parlui-même ce qui lui reíloit à faire. 11 fit partir pour Rome Amy-nandre, Prince qu’il connoissoit d’un esprit flexible & d’un caractèreâ vouloir aisément tout ce que fes amis de Rome voudroient, quelquechose qu’on lui demandât: comptant d’ailleurs que le nom de Roiajouteroit beaucoup de poids à l’ambassade <Sc feroit une grande im-pression fur le Sénat. II députa ensuite Quintus Fabius son neveu, «ScQuintus Fulvius, «Sc avec eux Appius Claudius surnommé Néron. Dela part des Etoliens partirenfpour Rome Alexandre Mien, Damocry-te de Calydoine, Díroarque Trichonien, Polemarque d’Arsinoé, La-mius d’Ambracie, «Sc Nicomaque Acarnanien. Ceux qui s’étoient en-fuis de Thurium «Sc qui s’étoient réfugiés dans Ambracie, députèrentThéodote de Pherée, qui avoit été banni de Thessalie & qui demeu-roit à Strate. L’Ambassideur des Achéens fut Xénophon d’Egée,celui d’Attalus, Alexandre tout seul; «Sc celui des Athéniens, Céphi-sodore.
Toutes ces Ambassades arrivèrent à Rome avant que le Sénat se fûtdéterminé fur le choix des Magistrats de Tannée. On y délibérait en-core fl l’on envolerait les deux Consuls dans les Gaules, ou fl l’on enferoit partir un contre le Roi de Macédoine. Comme les amis de Fla-minius étoient persuadés que les deux Consuls ne sortiraient pas d’ita-lie, à cause de la crainte où l’on étoit des Gaulois; ils entrèrent tousdans le Sénat avec les Ambassadeurs, «Sc y déclamèrent amèrementcontre Philippe. On répéta là beaucoup de choses qui lui avoientauparavant été dites à lui-même: mais ce que l’on tâcha d’imprimerprofondément dans l’efprit des Sénateurs, c’est que jamais il n’y au-rait de liberté chez les Grecs, tant que Philippe auroit Chalcis,Corinthe & Démétriade fous fa domination: ce Roi disant lui-même,ce qui étoit très-vrai, que ces trois places étoient les entraves dela Grèce: que tant qu’il auroit garnison dans Corinthe, le Pélopo-
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