228 HISTOIRE DE POLYBE,
peut-on distinguer le pié d’où elles sortent. 11 n’est pas non plus possi-ble de fourer la main entre ces branches pour arracher le pieu, parcsque serrées & tortillées ensemble elles ne laissent aucune ouverture, &que d’ailleurs les bouts en font soigneusement aiguisés. Quand mêmeon pourroit les prendre, il ne seroit pas facile d’en arracher le pié, &cela pour deux raisons ; la première, parce qu’il entre íi avant dans laterre, qu’il en devient inébranlable ; & la seconde, parce que par lesbranches ils font tellement liés les uns avec les autres, qu’on ne peuten enlever un qu’on n’en enlève plusieurs. Envain deux ou trois hom-mes réuniront leurs efforts pour Parracher. Que si cependant à forcede l’agiter & de le secouer, on vient à bout de le tirer de sa place,l’ouverture qu’il laisse est presque imperceptible. Trois avantages doncde ces sortes de pieux, on les trouve en quelque endroit que l’on soit,ils sont faciles à porter , & c’est pour le camp une barrière sûre &qui ne peut être rompue aisément. A mon sens il n’est pas de pra-tique militaire chez les Romains, qui mérite plus qu’on l’imite & qu’onla prenne.
Quand le Général Romain se fut ainsi précautionné, il se mit enmarche à la tête de'toutes íes troupes. II alla d’abord à petites jour-nées, & lorsqu’il fut k cinquante stades de Pherée, il posa lk son camp.Le lendemain au point du jour, il envoia à la découverte pour lavoiroù étoient les ennemis & ce qu’ils faisoient. Philippe de son côté aiantappris que les ennemis étoient campés autour de Thébes, partit deLarisse avec toute son armée & prit la route de Pherée. A trente stadesde cette ville, il campa & donna ordre aux troupes de repaître. A-vant le jour, il envoia son avantgarde occuper les hauteurs qui fontautour de Pherée, & dès que le jour parut, il sir sortir l’armée de sesretranchemens. Peu s’en fallut que ceux qu’on avoit détachés de part& d’autre ne se rencontrassent sur les hauteurs & n’en vinssent auxmains. A travers l’obscurité ils s’apperçurent les uns les autres, s'arrê-tèrent à une certaine distance, & dépêchèrent aux Généraux poursavoir quel parti ils prendroient. Ces Généraux jugèrent à propos dene pas sortir de leur camp, & de rappeller ceux qu’ils avoient envoiesdevant. Le jour d’après ils firent un détachement de trois cens chevaux& d’autant de Vélites pour aller aux nouvelles. Flaminius se servit pourcela de deux turmes d’Etoîiens, parce qu’ils étoient au fait du païs.Les deux détachemens se rencontrèrent sur le chemin de Pherée à La-risse, & il se donna là un combat fort vif. Eupoléme Etolien s’y dis-tingua par sa valeur, il engagea les Italiens dans faction, & les Macé-doniens furent battus. Après une longue escarmouche, chacun se reti-ra dans son camp.
Le lendemain les deux Généraux ne Raccommodant pas d’un ter-rain. aussi couvert d'arbres, de haies & de jardinages que celui de
Phe-