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Tome sixieme.
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LIVRE XVil. C II A P. IN. ~i 9

Fherée, ils levèrent le camp. Philippe tourna vers Scotufe pour s’yfournir de toutes les munitions nécesiaires & choiíir ensuite un terrainplus convenable. Mais Flaminius soupçonnant que c’étoit là son des-sein, íe mit en marche en même tems que lui, & fit grande diligencepour ravager tout ce qu’il y avoit de maisons dans la campagne deScotufe. L'ne chaîne damontagnes, qui fur la route se trouvoit entreles deux armées, fit que ni les Romains ne purent sçavoir quel chemintenoient les Macédoniens, ni ceux-ci celui des Romains. Après avoirmarché tout le jour, le Général Romain campa dans un lieu qu'onappelle Eretrie de Pherée , & Philippe proche la rivière d’Acheite,fans que l’un des deux connût où étoit le camp de Pautre. On se re-mit en marche le jour suivant. Philippe campa à Melombie dans le ter-ritoire de Scotufe ; & Flaminius à Thétidie autour de Pharsale, l’un& l’autre ignorant encore où campoit son Antagoniste* Une grossepluie accompagnée de tonnerre effroiable étant tombée ce jour-là, lelendemain matin le tems étoit si couvert & si sombre qu’à peine voioit-on à deux pas du lieu ou l’on étoit. Cela n’empêcha pas que Philippe,qui avoit son projet cn tête, ne décampât : mais incommodé dans famarche par Pobsurité du tems, après avoir sait quelque peu de che-min, il se retrancha, & détacha un corps de troupes avec ordre des’emparer du sommet des hauteurs qui séparoient son camp de celuides Romains. Flaminius campé à Thétidie n’étoit pas moins en peinede découvrir où il trouveroit les Macédoniens. II fit partir dix.turmesde cavalerie & environ mille armés à la légère, leur ordonnant de re~connoître avec foin les endroits où ils passeroient & de piller la cam-pagne. Ce détachement tomba, fans y penser, sur celui des Macé-doniens qui étoit en embuscade , n’aiant pû i’appercevoír à traversl’obscurité. D’abord on fut de part &c d’autre un peu surpris de .cetterencontre, ensuite on se táta les uns les autres. Des deux côtés on en-vola apprendre aux Généraux ce qui se passoit. Les Romains mal me-nés dépêchèrent à leur camp pour demander du secours. Flaminiusexhorta fort Archedame & Eupoléme, l’un & Pautre Etoliens, d’ycourir. 11 les fit accompagner de deux Tribuns avec cinq cens chevaux& deux mille hommes de pié, qui joints à ceux qui elcarmouchsient,,firent bientôt changer de face au combat. Les premiers se volant se-courus se battirent avec beaucoup plus de courage & de confiance.De la part des Macédoniens on ne manquoit pas non plus de valeur,mais accablés fous le poids de leurs armes , ils se sauvèrent par lasuite sur les hauteurs, & de là envolèrent au Roi pour en obtenirdu secours.

Philippe , qui, pour les raisons qu’on a vues plus haut, ne s’at-tendoit à rien moins qu’à une bataille générale, avoit détaché pour unfourrage la plus grande partie de son monde. Instruit du danger où-

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