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re, soit avec quelqu’une de ses parties, soit par compagnies, soitd’homme à homme. Avec un ordre de bataille dont toutes les partiesagissent avec tant de facilité, doit-on être surpris que les Romains?pour l'ordinaire, viennent plus aisément à bout de leurs entreprises,que ceux qui combattent dans un autre? Au reste je me fuis cru obligéde traiter au long cette matière; parce qu’aujourd’hni la plupart desGrecs s’imaginenc que c’est une espèce de prodige que les Macédoniensaient été défaits, <Se que d’autres font encore à íçavoir comment &pourquoi l’ordonnance Romaine est supérieure à la phalange.
Pour reprendre la suite du combat, Philippe y aiant été vaincumalgré tous ses efforts, rallia le plus grand nombre qu’il put de ceuxqui en avoient échappé, & prit la route de Tempe pour aller de làdans la Macédoine. Dès le premier gîte , attentif jusques dans leplus grand revers à ce que le devoir demandoit de lui, il envoia unde lè« gardes à Larisse avec ordre d’y brûler tous les papiers qui leregardoient: attention vraiment digne d’un Roi. Car il fçavoit que siles Romains avoient pû mettre la main fur ces papiers, ils y auroienttrouvé mille prétextes de l’inqniéter lui & ses amis. 11 n’est pas le íeulà qui il íoit arrivé d’oublier dans la prospérité, qu’on est homme *& dans les plus grandes disgrâces de ne point être ébranlé & de neperdre jamais de vue lès devoirs. Mais Philippe s’est fait remarquerplus que personne dans ces deux états, comme nous ferons voir dansla fuite. Car comme après savoir représenté plein d’ardeur & de vi-vacité pour les belles aélions au commencement de son régne, nous’avons montré*quand, comment & pourquoi il s’étoit fait du change-^ment dans ces belles actions ; nous ne manquerons pas non plus de ra-conter comment il s’est reconnu, & avec quelle prudence, profitantpour son instruction des malheurs qu’il s’étoit attirés, il s’est conduit'dans toutes les affaires qui lui font arrivées depuis. Pour Fl.aminiuSyaiant mis ordre aux prisonniers &c au butin, il se retira k Larisse.
CHAPITRE IV.
On est trompé , quelque fin que l'on soit , quand on crois
facilement.
Q Uoique souvent trompés par les mêmes artifices & par les mê*mes personnes, nous n’en devenons pas cependant plus circon-spects & plus précautionnés, il est telle finesse que nous avons vuplusieurs fois emploier, fans qu’il nous vienne en pensée de nousen défier. Que certaines gens y soient pris, celan’eít pas fort éton»
G g 3 nant 7-