2Z8 HISTOIRE DE P O L Y B E,
nant: mais que ceux-là mêmes s’y laissent surprendre, qui sont, sij’ose m’exprimer ainsi, Ja source de ces frauduleuses subtilités, cela està peine concevable. C’eft qu’on n’a point assez présent à Pesprit cettemaxime d’un de nos Poètes.
A la sévérité joignez la défianceCe Jont les nerfs de la prudence.
CHAPITRE V.
Conférence , à Lyfimachìe , entre le Roi Antìocbm £s? ìesAmbajjadcurs Romains.
P Ublius Lentulus & Lucius Terentius avec Publius Villius de Tasse,accompagnés de dix autres, étant venus de Bargyle, & aiantfait fçavoir à Antiochus leur arrivée, en peu de jours ils se rassemblè-rent tous à Lyíîmachie, où Hégésianax & Lysias envoies à Flaminiusse rencontrèrent en même tems. Dans les entretiens particuliersqu’eutle Roi avec les Ambassadeurs, tout se passa en civilités qui parois-soient sincères. Mais quand tout le monde assemblé il fut question d’as-saires, les choses changèrent de face. Lucius Cornélius demandaqu’Antiochus cédât à Ptolémée toutes les villes de l’Asie qu’il avoitusurpées fur ce Prince, & qu’il se retirât de toutes celles qui avoientappartenu à Philippe, prenant les Dieux & les hommes à témoins dela justice de ses demandes. Car quoi de plus ridicule, disoit-il, quede voir Antiochus se rendre maître des fruits & des récompenses d’uneguerre que les Romains avoient euë avec Philippe. II Pexhortoit deplus de ne plus toucher aux villes qui jouiíFoient de leur liberté. 11ajoutoit qu’il étoit fort surpris qu’Antiochus fût passé en Europe a-vec deux armées si nombreuses de terre & de mer; qu’à penser jus-te fur cette expédition on n’en pouvoit imaginer un autre motifque celui d’attaquer les Romains.
Le Roi répondit k ce discours, qu’il ne concevoit pas comment onlui faisoit une querelle sur les villes de l’Asie qu’il posledoit, qu’il con-venoit moins aux Romains qu’à personne de le chicaner là-dessus•.qu’il les prioit de ne se pas plus mêler des affaires de l’Asie qu’il semêloit lui-même de celles d’Europe; qu’il étoit passé en Europe pourreconquérir la Chersonéíè & les villes de la Thrace; que personne n’a-voit plus droit que lui de régner fur ces païs; qu’ils avoient été d’a-bord soumis k Lysimachus; que ce Prince dans une guerre avoit étévaincu par Séleucus, qu.s son Roiaume par conséquent appartenoit par