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HISTOIRE DE POLYBE,
CHAPITRE VI.
Mort de S.opas.
O N voìt peu de personnes qui ne souhaitent se distinguer pardes actions de courage, mais il en est peu qui aient la har-diesse de les entreprendre. Scopas, pour échapper à fa disgrâce parun coup de vigueur, a eu plus de secours que Ciéoméne, qui sur-pris «Sc prévenu n’avoit pour toute ressource que ses propres do messtiques & ses amis. Cependant celui-ci se défendit jusqu’a la der-nière extrémité, & aima mieux mourir glorieusement que de vivre dés-honoré. Scopas au contraire, quoiqu’il eût un nombreux corps detroupes en fa disposition, «Sc que, sous un Roi enfant, l’occasionne lui manqua point, se laissa prévenir à force de différer <5c dedélibérer. Sur l’avis qu’Aristoméne avoit reçu qu’il avoir assembléchez lui ses amis «Sc qu’il les consultoic sur le parti qu’il auroit àprendre, il envoia quelques gardes pour l’avertir de la part du Roiqu’on l’attendoit dans le Conseil. A ce seul mot Scopas fut íi dé-concerté, qu’il n'osa ni rien exécuter de ce qu’il méditoit, ni obéirà son Prince. C’étoit être insensé au dernier point. Aristoméne a-verti de sa sottise , fait environner la maison de soldats «Sc d’éléphans,& envoie Prolémée fils d’Euméne avec quelques soldats pour luiréitérer les ordres du Roi, & en cas de refus de l’arhener par forceau Conseil. Pcolémée entre «Sc dit à Scopas que le Roi le demandoir.Celui - ci ne fait pas attention à ce qu’on lui dit, il attache fes re-gards fur Ptolémée comme lui faisant des menaces «Sc admirant fahardiesse. Ptolémée s’approche «Sc le saisit par le manteau. Scopascrie au secours. Mais les soldats étant entrés, «Sc quelqu’un aiant ditque la maison étoit environnée , il céda à sa mauvaise fortune , &îuivit avec ses amis ceux qui le conduiíòient au Conseil Là le Rotcommença l’accusation en peu de mots, Polycrate arrivé depuis peude Cypre la continua, «Sc après lui Arisioméne. Nous avons déiarapporté tous les chefs de cette accusation. 11 n’y fut alors r à a-jouté que les assemblées d’amis qu’il faifoit dans là maison , & lerefus qu’il venoit de faire d’obéïr aux ordres du Roi. 11 fut fur lechamp condamné non seulement par le Conseil, mais encore parceux des-Ambassadeurs qui y assiftoient. Car Ariítoméne, qui devoitî’accuser, avoit eu soin d’y mener plusieurs des plus illustres Grecs,& les Ambassadeurs qui de la part des Etoliens étoient venus pournégocier une paix. Dorymaque fils de Micoíìrate étoit de ce nombre.
Quand