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Tome sixieme.
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AMBASSADES DE P O L Y B E. 24?

3 , sorte, que PHimére, qui la traversé- presque par le milieu, servíroit,, de bornes entre les provinces des Carthaginois & les siennes. LesAmbassadeurs proposèrent cea-conditions, ausquelles les Carthaginoisconsentirent volontiers, & le Traité sut conclu.

Hippocrate faifoit assidûment fa cour k ce jeune Prince, & lui repaif-soit l’esprit de mensonges & de flatteries. 11 lui racontoit de quellemanière Annibal étoit passé en Italie, les batailles & les combats qu’ily avoit livrés. 11 lui faifoit entendre qifil n’appartenoit plus à person-ne qu’à lui de régner fur toute la Sicile, premièrement parce qu’il étoitfils de Néries tille de Pyrrhus, que les Siciliens, par choix & par in-clination, a voient mis k leur tête & nommé leur Roi ; en second lieu,parce qu’Hiéron son aieul y avoit régné seul. 11 sçut enfin charmertellement ce jéune Roi, que nul autre que lui n’en étoit écouté. Lecaractère du Prince naturellement léger & inconstant avoit beaucoupde part k ce dcfaut, mais on le doit surtout imputer à ce flatteur , quinournssoit sa vanité des espérances les plus ambitieuses. Agatbarquenégocioit encore à Carthage le Traité , lorfqu’Hiéronyme envoia denouveaux Ambassadeurs pour y dire qu’il prétendoit régner seul fur tou-te la Sicile , qiPiî lui paroissoit juste que les Carthaginois lui aidassentà rentrer dans tous les droits qu’il avoit fur cette 111 e; mais qifen ré-compense il promettoit anx Carthaginois de les aider dans Pexécutiondes projets qu'ils avoienf formés fur PItalie. On sentit bien à Cartha-ge qiPil n'y avoit nul fond à faire sur ce Prince; mais parce que, pour'plulieurs raisons, il étoit important à la République d’avoir la Sicile dason côté, on lui accorda touc ce qu’il voulut; & comme il y avoit dé ja-des vaisseaux équippés & des> troupes levées, on ne s'occupa plus quedu foin de transporter au plutôt une armée dans la Sicile.

Sur cette nouvelle, les Romains députèrent de nouveau au Roide Sicile pour Paver tir de ne se pas départir des Traités que sespères avoient faits avec la République Romaine. Le Roi assemblason Conseil. Les naturels du païs craignant les fougues du Prin-ce , se dispensèrent de dire le leur. Mais Aristomaque de Corin-the , Damippe de Lacédémone & Autone Thessalien opinèrentqu’il falloit rester dans l’alliance des Romains. 11 n’y eut qu’An-dranadore qui dit que l’occafion étoit trop belle pour la laisser échap»-per, & que c’étoit dans cette conjoncture feule qu’il pouvoit établir fadomination dans la Sicile. On consulta ensuite Hippocrate, qui répon-dit simplement qu’il étoit de l’avis d’Andranadore. Là finit ce Conseil,& ainsi fut prise la résolution de déclarer la guerre aux Romains. LsRoi ne voulut cependant pas rompre les Traités fans donner deson changement au moins des prétextes apparens : mais il en allé*gua de tels, que les Romains, loin de s’en contenter, dévoient en êtrevivement offensés. 11 dit qu’il tiendroit ces Traités, pourvu qu’on lui

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