AMBASSADES DE P O L Y B E. 251
ÌVÎ^.
VI.
Les Romains §5? ìcs Etolìens commencent à Je brouiller enjemble aprèsla bataille cle Cyno/cèphales. Conférence entre Flaminius & tous lesalliés pour délibérer fi l'on feroit la paix avec Philippe. Autre con -férence entre les alliés & Philippe , où la paix fut conclue. Indigna -.tion des Etolìens à ce Jujet.
L ’Avidité avec laquelle les Etoliens fe jettoient fur le butin étoit in-supportable à Flaminius, qui d’aiileurs rie vouloít pas que, Phi-lippe chassé du trône, les Etoliens commandassent aux Grecs, il nepouvoit fans impatience les voir fe louer fans cesse, s’attribuer toutí’honneiir de la vicìoire à remplir toute la Gréce du bruit de leursexploits. C’eíl pour cela que dans les entretiens qifil avoit avec eux illes traitoit avec hauteur, ne leur communiquoit rien des affaires publi-ques, & régloit tout par foi - môme & par ses amis, Les Romains &les Etoliens étoient ainsi indisposés les uns contre lc-s'autres, lorfqifàquelques jours de là vinrent de la part de Philippe trois Ambassadeurs,Ravoir Démofthéne, Cycliadas & Limnée. Après une assez longueconversation qu’il eut avec eux en présence des Tribuns, il fe fit unetrêve de quinze jours, pendant laquelle il prit dessein d’aller trouvérPhilippe & de s’entretenir avec lui fur les affaires présentés. La dou-ceur & les égards que Flaminius eut pour le Roi de Macédoine danscette occasion augmentèrent extrêmement les soupçons qu'on avoit dé-jà formés contre ce Général. Car la contagion des préfens gâtoittoute la Gréce: on y avoit pour maxime que personne ne faifoit rienpour rien: 6c comme cette maxime étoit surtout en crédit chez lesEtoliens, ils ne pouvoient se persuader que Flaminius fût devenu amide Philippe, fans que ce Prince eût par des préfens acheté son amitié.Ne fçachant quelle étoit à cet égard la coutume des Romains, ils enjugeoient par eux-mêmes, & prétendoient que le Roi de Macédoine,pour fe tirer de rembarras où il fe trouvoit, avoit offert quelque gros-se somme d’argent, & que Flaminius s’en étoit laissé éblouir. Ce Gé-néral étant convenu avec Philippe qu’à certain jour ils fe joindroient àfentrée de Tempé, il écrivit aussitôt aux alliés pour leur apprendre lejour 6c le lieu de la conférence, & quelques jours après il partit pours 1 y rendre,
Les alliés réunis & le Conseil assemblé, il ordonna que chacun dità quelles conditions il failoit faire la paix avec Philippe. Amynan-dre Roi des Athamaniens dit son sentiment en peu de mots. il íe con-
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