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Tome sixieme.
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252 AMBASSADES DE POLYBE.

tenta de demander que Ton fît attention à ce qui le regardoit, qu’ilétoit à craindre qu’après que les Romains seroient sortis de la Gréce,Philippe n’épanchâtfur lui toute fa colère, «Sc que les Macédoniens a-voient d’autant plus de facilité k envahir son Roiaume, qu’il étoit foi-ble & voiiìn de la Macédoine.

Alexandre Etolien prit ensuite la parole, & dit que l’on ne pou-voit que louer Flaminius d’avoir convoqué les alliés & de prendre leursavis íiir la paix: mais que s’il p-enfoit qu’en faisant la paix avec Philip-pe il procureroit ou la paix au< Romains, ou aux Grecs une libertédurable, il lè méco.mptoit étrangement, & que jamais il ne parvien-droit ni à l’un ni k l’autre : mais que s'il vouloir ne pas laisser lesprojets de fa patrie imparfaits &c tenir les promesses que lui-mêmeavoic faites aux Grecs, il n’y avoir qu’une maniéré de finir la guerreavec les Macédoniens, qui étoit d’expulfer Philippe de son Roiaume;que la chose étoit maintenant très aisée, pourvu qu’il profitât del’occaíìon qui se présentoir. 11 appuia son avis de plusieurs autres rai-sons , «Sc s’aílìt.

Flaminius parla ensuite, & apostrofant Alexandre: „ Vous ne con-„ noissez rien, lui dit-il, aux vûës des Romains, ni à mes desseins,5 , ni aux intérêts des Grecs. Ce n’est pas i’uíàge des Romains, quands, ils ont fait la guerre à une Puissance, de la détruire entièrement.5, Annibal «Sc les Carthaginois font, de ce que j’avance, une preu-„ ve convaincante. Quoique les Romains, après avoir été réduits

par ce peuple aux dernières extrémités , íè soient mis ensuite en-, état de se venger comme il leur plairoit, l’on ne voit cependant pas3 , qu’ils aient exercé contre lui la moindre inhumanité. Mon deslein3 , n’a jamais été non plus de faire k Philippe une guerre irréconcilia-3, ble. J’ai été au contraire toujours disposé k lui accorder la paix,„ dès qu’il fe foumettroit aux conditions qui lui seroient imposées.3, D’où vient donc3 Etoliens, que vous trouvant dans un Conseil qui3, n’a été assemblé que pour mettre fin k la guerre, vous témoignez tantz, d’éloignemenc pour la paix: Eft-ce parce que nous sommes vicìorieux ?„ Maïs ce motif ne feroit pas raisonnable. Dans le combat un homme3, de courage doit tomber fur l’ennemi avec force «Sc avec vigueur, «Sc5 , s’il eíl vaincu marquer dans fa défaite de la constance &[de la gran-3 , deur d’ame: mais Je devoir du vainqueur est de faire paroître de la3, modération, de la douceur & de l’humanité. Enfin pour venir aux5 , intérêts des Grecs, il est de conséquence pour eux que le Roiaume„ de Macédoine soit moins puissant qu’autrefois, mais il leur importeî? également qu’il ne soit pas tout-k-fait détruit ; c’est pour eux unebar-

riére contre les Thraces «St les Gaulois, fans laquelle, comme ils ont.

déja fait lòuvent, ils ne manqueroient pas de fondre fur la Gre-■ > ce. Flaminius conclut en disant que son avis «St celui du Conseil

étoit,