A M B A S S A D E S D E ? P O L Y B E. i6j
ville, il fut assez heureux pour porter, íàns être apperçu, tout ce qu’ilavoit d’argent dans Lamie. La nuit venue, il voulut passer entre lesdeux camps pour gagner Hypate, mais il tomba dans le quartier d’uneélite de Macédoniens qui le saisirent & le menèrent à Philippe, quiètoit alors à table. 11 sembloit ne pouvoir éviter un de ces deux maux,ou d’essuier tonte la colère du Roi de Macédoine., ou d’être livré auxRomains. On annonce Nicandre à Philippe , qui commande qu’onait foin dedui & qu'on ne le laisse manquer de rien. Au sortir d u repasil joint Nicandre, & après s-'àre plaint que les Etoliens eussent étéassez insensés pour donner entrée dans la Gréce aux Romains & ensuiteà Antiochus, il Pexhorta d’avertír les Magistrats, au moins dans lescirconstances présentes, d’oublier le passé, de rechercher íòn amitié,& de faire en forte qu-’eux & les Macédoniens ne travaillassent pas à sedétruire réciproquement les uns les autres. A l’égard de Nicandre, illui recommanda de n’oublier jamais la bonté qu’il avoit aujourd'huipour lui, il le renvoía avec bonne garde, & ordonna à ceux,, qui dé-voient le conduire, de ne le pas quitter qu’il ne fut entré dans Hypate.Cela fut ponctuellement exécuté. Nicandre revint sain & sauf dans fapatrie, non fans être extrêmement surpris du bonheur extraordinairequ’il avoit eu dans cette Occasion. Depuis ce tems-là il garda toujoursune forte inclination pour la Maison de Macédoine. Sa reconnoissancelui coûta cher du tems de Perlée. Car comme il ne s’opposoit qu’à contrecœur aux entreprises de ce Prince, il fut soupçonné & accuse d'avoiravec lui des intelligences. 11 fut appelle à Rome pour y rendre comptede íà conduite, & il y mourut.
XIV.. • -
jímbajjaâe des Lacédemonìens auprès du Sénat B.omaìn .•
L Es Ambassadeurs envoiés à Rome par les Lacédémoniens arri-vèrent alors, fans y avoir rien obtenu de ce qu’ds espéroient;11 s’agissoit des otages & des bourgs. Sur le dernier point, le Sé-nat répondit qu’il donneroit ses ordres aux Députés qui dévoientaller dans la Laconie, & à l’égard des otages, qu'il vouloit examinerencore cette affaire. 11 fut encore question des bannis, fur quoi la-réponse du Sénat sut qu’il étoit fort surpris que les Achéens ne lesrétablissent point dans leur patrie, puisque Sparte avoit été remiséen liberté,-