262 AMBASSADES DE P O L Y B E.
Asie aucun Etoìicn soit comme particulier Jojt comme homme public »en fécond lieu que vous me livriez Dicearque & Mène strate Epi rote,qu’on diíòit être entré dans Natipacte avec des troupes, & avec euxAmynandre £3? ceux des Atbamaniens qui Pont juivi dans fa révoltecontre les Romains Phéneas ne lui permit pas d’aiier plus loin, Ce quevous demandez ,. lui dit-íl, ri est ni juste ni Jeton Pusage des Grecs. IciManms hauíla.nc Je ton, moins par colère, que pour faire sentir auxDéputés à quoi les Etoliens étoient réduits & lc-ur inspirer une extrêmeterreur: 11 vous (le d bien yr aiment , petits Grecs , répondit-il, dem'alléguer vos usages, &.-de mfiveríir de ce qiPil me convient de faire,après vous être abandonnés à ma foi. Sçavez vous qu'il dépend de moide vous _ charger de chaînes ? Et sur le champ il en fit apporter 6s uncollier de fer qu'il ordonna qíson leur mît au col. Phéneas & les autresDéputés furent ff effraies, que les genoux leur pîioient, 5s qu’ils étoienttout ,hors d’eux- mêmes. Ltïcius à quelques autres Tribuns qui étoientjDréfeijis, prièrent, Manius d’avoir des égards pour le caractère d'Ambas-sadeurs dont ces’'Grecs étòient revêtus, & de ne pas les traiter en ri-gueur. Le Consul se radoucit.& laissa parler Phéneas, qui dit que lesMagistrats des Etoliens feroient tout ce qui leur étoit ordonné; maisque les ordres dévoient être portés au peuple, íì l'on vouloit qu’iis fus-sent exécutés, & qu'il demandoit poúr cela une nouvelle trêve de dixjours. Cela lui fut accordé, & l’on se sépara.
Les Ambasssd'èùrsf'de retour à Bypaté, rapportent áûx'Magistratstout ce qui leur étoit arrí.vé 6s tout ce qui leur avoit été dit. Et cefut alors que les Etoliens sentirent à quoi ils étoient exposés-,, faute d’a-voir connu çe qu’ils faifoient,en s’abandonriant à la foi des Romains.Aussitôt on écrivit aux villes, on convoqua la nation pour délibérer furles ordres qú’on leur donno.it. ' Mais le bruit des mauvais traitemensqu v àvoierìt reçus les Amhassadéurs, avoit” prévenu les” lettres , 6c Toutela multitude en avoit été indignée au point, que personne ne voulutse trouver à fassemblée, & qu’il fut par conséquent impossible de déli-bérer. Une autre chose encore ralentit les négociations. Dans ce tems-lh Nicandre arriva d’Afie à Phalére dans le golfe de Malée d’où il étoitparti, 6s dès qu’il eut fait connoître au peuple la bonne volontéqu’An-tiochus avoit pour lui 6s les promesses qu’il étoit chargé de faire 'dela part de ce Prince , ç’en fut assez, on ne pensa plus à la paix, 6con laissa tranquillement passer les dix jours de trêve fans rien conclure. pour finir la guerre.
11 arriva à ce Nicandre, en revenant, une avanture singulière, je ne.puis la palier fous silence. 11 y avoit douze jours qu’il avoit fait voile-d'Ephésè jorfqu’il entra dans le port de Phalére. Sur la route aiantdécouvert que les Romains étoient à Iléraclée 6e que les Macédo-ssens, quoiqu’hors de Laisse, campoient cependant assez près de cette
ville,