AMBASSADES DE POLYBE. 265
XVIII.
Ambassades des Athéniens auprès des Romains pour les Etoîicns.Embarras où les propositions des Romains jettent Jes Etoììens.
P Endant que le Consul Manius faisoit le siège d’Amphise, les Athé-niens informés de l’extrémité où se trouvoit cette place, & quePublius Scipion venoit d’y arriver, députèrent Echedéme au camp desaíîìégeans, avec ordre de saluer de leur part les deux Scipions Lucius& Publius; & de les engager, si cela se pouvoit, à ne plus faire laguerre aux Etoliens. Publius prévoiant que cet Ambassadeur lui seroitutile dans la fuite, le reçut avec beaucoup de politesse & de bonté.Son dessein étoit de conduire les affaires des Etoliens à un accommo-dement, ou s’ils refusoient d’y entrer, de ne point s’arreter là & depasser en Asie. Car il sentoit bien que pour terminer cette guerre &venir glorieusement à bout de cette expédition, le seul moien étoit;non de subjuguer les Etoliens, mais de vaincre Antiochus & de se ren-dre maître de P A fie. II écouta donc volontiers ce que lui dit l’Ambas-fadeur fur la paix, & il lui ordonna d’aller fonderies Etoliens fur lemême sujet. Echedéme part, arrive à Hypate & confère avec les Ma-gistrats d’Etolie, on l’entend avec plaisir parler de paix & l'on nommedes Ambassadeurs avec qui il revient trouver Publius, qui étoit campéà huit stades d’Amphise. Après un long détail qu’ils lui firent des ser-vices que les Romains avoient tirés des Etoliens, Publius k son tourleur parlant avec beaucoup de douceur & d’amitié, raconta ce qu’ilavoit sait en Espagne & en Afrique, & de quelle maniéré il s’étoitconduit à l’égard de ceux qui l’avoient fait maître de leur fort, & enfinil leur déclara qu’il falloit qu’ils íe soumissent aussi & qu’ils s’abandon-nassent aux Romains. D’abord ces Ambassadeurs espéroient que la paixalloit se conclure; mais quand ils se furent informés des conditions,& qu’on leur eut dit qu’ils n’obtiendroient la paix qu’en se remettantsans restriction k tout ce qu’il plairoit aux Romains, ou qu’en paiantfans délai mille taîens, & qu’en aimant 011 haïssant ceux que Romeaimoit ou haïssoit, ils furent indignés d’entendre un langage si peuconforme au premier qu’on leur avoit tenu. ils dirent cependant qu’ilscommuniqueroient ces ordres aux Etoliens, & prirent congé. Eche-déme reparle aux Magistrats Etoliens, on remet l’affaire en délibéra-tion. Comme la première des conditions étoit impraticable, & que lasomme immense que l’on demandoit étoit au delà de leur pouvoir; &que la seconde les effraioit, parce qu’après s’y être autrefois soumislomé VI. L 1 ils