263 AMBASSADES DE POLYBE.
& demande leur avis. Eudéme & Pamphilidas n’étoient point éloig-nés de la paix: mais Euméne dit qu’il n’étoit ni décent ni possible dela faire actuellement. „ Car, dit-il, où est la décence de faire des„ conventions quand on est enfermé de murailles? Cela n'est pas non„ plus possible , puisque le Consul n’est pas ici, & que fans son auto-„ rite, nos conventions feroient fans force & ne pourroient subsister.,, Et bailleurs quand du côté d’Antiochus il y auroit quelque apparen-„ ce de paix, il ne nous seroit pas permis, avant que le peuple & le„ Sénat Romain eût ratifié notre Traité, de nous retirer avec nos„ troupes tant de mer que de terre. 11 ne nous reste donc qu’une„ chose à faire, qui est, en attendant leur décision, de nous mettre„ dans ce païs-ci en quartiers d’hiver, de ne rien entreprendre les uns„ sur les autres, & de consumer les vivres & munitions que nous trou-„ verons chez nos alliés. En cas qu’il ne plaise pas au Sénat de finiri, la guerre, nous la recommencerons tout de nouveau, & avec Paide„ des Dieux nous sommes en état de la terminer”. Ainsi parla Eumé-ne, & fur cet avis, Lucius fit réponse aux Ambassadeurs d’Antiochus,qu’avant l’arrivée du Proconsul, la paix ne pouvoit íè faire. Antiochusn’eut pas reçu cette réponse qu’aussitôt il fit le dégât dans la campagned’Elée, & laissant Séleucus dans le païs il s’avança jusques dans la plai-ne de Thébes, plaine fertile & abondante en toutes sortes de biens,.& ses troupes s’y gorgérent de butin..
XXII.
Antiochus & les Romains attirent Fruflas dans leur alliance.-
A Prés Pexpédition que nous venons de raconter, Antiochus ar-rivé k Sardes députoit coup fur coup à Prusias pour l’exhor-ter de faire alliance avec lui. Jufqu’alors Pruíìas, qui craignoit queles Romains ne passassent en Asie & n’en soumissent toutes les Puis-sances à leur domination, avoit assez de penchant à s’unir avec An-tiochus: mais une lettre qu’il reçut des deux Scipions Lucius & Pu-blics, fixa ses incertitudes & lui fit ouvrir les yeux fur les suites dela guerre qu’Antiochus entreprenoit contre les Romains. Car Publiuss’étoit servi des raisons les plus fortes & les plus capables de lapersuader, & de le tirer de l’erreur où il étoit. Pour lui montrer queni lui ni la République n’avoit pas en vue de le dépouiller de ce quilui appartenois, il lui faisoit voir que les Romains, loin de chasser dutrône les Rois qui Poccupoient légitimement, avoient eux-mêmes-fait des Rois & augmenté beaucoup la puissance de quelques autres :