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Tome sixieme.
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A M BASSADES DE P O L Y B E. 277

3 , neur, les louanges, la gloire ne convient qu’aux Dieux & aux hom-3) mes qui approchent le plus de la divinité. Le plus beau de vos„ exploits, c’eìt d’avoir mis les Grecs en liberté ; si vous faites la„ même grâce aux Grecs de T Asie, votre gloire est à son comble,

elle est parvenue au plus haut degré qu’elle puisse atteindre : mais„ si vous manquez à couronner la première action par la dernière,

„ vour perdrez beaucoup de la gloire que la première vous a aquise.

„ Pour nous, Romains, qui sommes entrés dans vos vûës, & qui pour„ les faire réussir avons partagé avec. vous les plus grands périls, nous,, gardons toujours à votre égard les mêmes fentimens, & c’tst par„ cette raison que nous n’avons pas craint de vous dire ce qui nous a„ paru vous être plus convenable & plus avantageux. Notre propre in-T térêt ne nous touche pas, nous n’avons rien à cœur que ce qu'il vous„ convient de faire ”. Ainsi parlèrent les Ambassadeurs des Rhodiens,&Ja lolidité jointe à la modestie de leur discours leur attira les applau-dissemens de tout le Conseil.

Autipater & Zeuxis, Ambassadeurs d’Antiochus, entrèrent ensui-te, & se bornèrent à demander, â supplier que la paix faite en Asiepar les deux Scipions fût confirmée. Ce qui fut exécuté fur le champ-par le Sénat. Quelques jours après le peuple aiant ratifié le Traité,,on fit à Antipater les iermens qu’on a coutume de faire dans cesoccations. On appella ensuite les autres Ambassadeurs qui étoient ve-nus d’Aíie. L’audiance qu'ils eurent ne fat pas longue. On leur fità tous la même réponse, qui étoit que l’on nommeroit dix Députés»»pour aller sur les lieux connoître des différens que les villes avoiententre elles. On les nomma en effet, & on leur donna pouvoir derégler à leur gré les affaires particulières. Pour les générales, le Sé-nat ordonna que tous les peuples qui étoient en-deça du mont Tau-rus & qui obéissoient à Antiochus, reconnoîtroient déformais Eumé-ne pour leur Roi , à l’exception de la Lycie, & de la Carie jus-qu’au Meandre, qui feroient données aux Rhodiens: que celles desvilles Gréques qui auparavant paioient tribut h Attalus, le paieroientdorénavant à Euméne, & que toutes celles qui ne le paioient qu’à An-tiochus, en feroient exemtes. Telles furent les dispositions dont fu-rent chargés les dix Députés qui furent envoiés dans l'Asie au Con-sul Gnœus.

Les affaires ainsi réglées, les Rhodiens vinrent au Sénat pour trai-ter de la ville de Soles qui est dans la Cilicie, faisant entendrequ’il étoit de leur devoir de veiller à ses intérêts, que les habitansétoient comme eux une colonie des Argiens, que pour cette raisonils se regardoient comme frères, & conservoient entre eux une unionvraiment fraternelle, & qu’il étoit juste qu’à la saveur des Rhodiensils obtinssent aussi leur liberté. Le Sénat fur cette demande fit ap~

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