AMBASSADES DE P O L Y B E. 279
mis fa patrie en état de ne rien craindre da dehors, au moins il se l’i-maginoit ainsi. Mais pendant que les Etoliens se glorifioient ainsi decette expédition , la nouvelle vint qu’il s’étoit donné une bataille enA fie, & qu\Antiocbus y avoit été entièrement défait, L’allarrrre aussi-tôt l'e répand par tout. En même tems Damotéle arrive de Rome,& annonce qu’ils ont encore la guerre avec les Romains, & que M,Fulvius Coníul vient k eux avec une armée. Leur inquiétude s’aug-mente, ils ne sçavent comment ils pourront détourner la tempête quiles menace. 11s prennent eufin la résolution de députer aux Rhodiens& aux Athéniens, pour les prier d’envoier à Rome des Ambassadeurs*qui appailant la colère des Romains soulagent un peu les maux donçPttohe allôit être accablée. Us en dépêchèrent aussi de leur part, &ils choisirent pour cela Alexandre surnommé P!sien, Phéneas,Charops,Alype d’Ambracie & Lycope.
XXVII.
Les Romains assiègent Ambracie. Avarice (P un des troisAmbajjadeurs Etoliens .
T E Consul s’entretint avec les Ambassadeurs, qui Pétoient venus :I > trouver de la part des Epirotes, fur Pexpédition dont il étoit char-gé contre les Etoliens, & demande leur avis. Comme alors les Am-braciens suivoient les loix des Etoliens, les Ambassadeurs lui con-seillèrent de faire le siège d’Ambracie. 11s apportoient pour raisonque si les Etoliens vouloient accepter une bataille, la campagned’Ambracie étoit très-propre pour une action, & que s’ils craignoientde s’y engager, il lui lèroit aisé d’assiéger la ville: que le païs lui four-niroit abondamment tout ce qui lui seroit nécessaire tant pour la subsi-stance de ses troupes que pour les approches; que PArethonte qui coulele long des murailles de la ville lui lèroit d’un grand secours, tant pourmettre son camp dans Pabondance de toutes choses, que pour couvrirses ouvrages.
M. Fulvius aiant trouvé que le parti qu’on lui conseilloit de prendrffétoit en effet le meilleur, leva le camp & conduisit par PEpire son ar-mée devant Ambracie. Quand il y fut arrivé, les Etoliens n’osant i&présenter devant lui, il fit le tour de la ville, en reconnut toutes les-fortifications, & en pressa vivement Pattaque.
Avant qu’il partît, les Ambassadeurs Etoliens, qui a voient été en---voiés à Rome, aiant été découverts dans la Céphallénie par Liberterfils de Pétrate, furent conduits à Charandre. D’abord les Epitotes,
é-toiens