'230 AMBASSADES DE POLYBE,
étoient d’avis de les transférer à Bulet, & de les garder là avec foinMais quelques jours après ils leur proposèrent de fe racheter , parceqisalors ils étoient en guerre avec les Etoliens. Alexandre, un de cesAmbassadeurs, étoit l’homme le plus opulent .de la Gréce; les deuxautres étoient riches aussi, mais ils n’approchoient pas du premierOn leur demanda d’abord à chacun cinq talens. Les deux derniers,loin de rejetter cette proposition, l’acceptoient de tout leur cœur,regardant leur salut & leur liberté comme le bien le plus précieux qu’ilseussent au monde. Mais Alexandre dit qu’il ne vouloir pas acheter íicher fa liberté, que cinq talens étoit une somme exorbitante. Pendantles nuits il ne fermoir pas l’œil, il les passoic à gémir & à pleurer furla perte dont il étoit menacé. Cependant les Epirotes faisoient desréflexions fur l’avenir. Ils craignirent que les Romains avertis de la dé-tention d’Ambassadeurs qui leur étoient en voies, ne leur écrivissentpour les prier ou plutôt pour leur ordonner de les relâcher. Cette crain-te les rendit plus traitables, & ils fe contentèrent de demander à cha-cun trois talens. Les deux moins riches consentent de les paier, &niant donné caution retournent dans leur païs. Mais Alexandre ditqu’il ne donneroit qu’un talent, & que c’étoit encore beaucoup. IIrefusa de se sauver à ce prix, & demeura dans la prison. Je crois quece vieillard, qui étoit riche de plus de deux cens talens, auroit mieuxaimé perdre la vie, que d’en débourser trois. Tels sont les excès où lafureur d’accumuler porte ceux qu’elle possède. Et cependant il fut siheureux dans son avarice, que dans la fuite il fut applaudi & loué durefus déraisonnable qu’il avoit fait ; car peu de jours après, les lettresqu’on craignoit de la part des Romains, arrivèrent à Charandre, & ilfut le seul qui recouvra sa liberté fans rançon. Les Etoliens informésde son avanture, chpiíirent une seconde fois Damotéle pour leur Am-bassadeur à Rome, qui aiant appris à Leucade que M. Fulvius alloitpar l’Epire à Ambracie, désespéra du succès de son Ambassade & re*;tourna dans l’Etolie.
XXVIII.
Ambracie après un afjcz long siège fe rend au Consul. ‘Paix entre lesEtoliens & les Romains. Articles du Traité.
I L étoit venu au camp des Romains des Ambassadeurs de la partdes Athéniens & des Rhodiens, pour porter M. Fulvius à faire lapaix avec les Etoliens. Amynandre Roi des Athamaniens avoit aussidemandé un faufeonduit au Consul pour y venir. Au teins de fa fuite
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