AMBASSADES DE POLYBE. *8?
XXXIV.
Pièges que les Gaulois T cil ofâge s tendirent à ManliusJous prétexte <Pune conférence.
A Près la défaite des Gaulois, dans le tems que Maniais campé au-près d’Ancyre le diposoit à pénétrer plus avant, il lui arriva desAmbassadeurs de la part des Tectofages pour le prier, fans retirer festroupes d’où elles étoient, de s’avancer lui-même le lendemain entreles deux camps, où leurs Rois fe rcncontreroient en même tems pourtraiter de la paix. Le Consul y'consentit, & fe rendit au lieu marquéavec cinq cens chevaux: mais les Rois aiant manqué au rendez - vous,il retourna dans son camp. Les Ambassadeurs Tectofages revinrent,& après avoir sous différens prétextes excusé leurs Princes, ils prièrentencore le Consul devenir au lieu indiqué, où il trouveroit lesprincipauxd u païs qui confereroient avec lui fur la maniéré de finir la guerre.Manlius promit de faire ce qu’ils demandoient; mais il ne sortit pasdu camp, & en fa place il fit aller Attalus an lieu de la conférence a-vec quelques Tribuns & trois cens chevaux. Quelques Tectofages desplus distingués vinrent en effet, comme on étoit convenu, on parlad’afíaire; mais ils dirent qu’ils n’avoient pas pouvoir de rien conclure,& que leurs Rois viendroient incessamment pour convenir des articles,íi Manlius vouloit fe trouver au même endroit avec eux. Attalus pro-mit que le Coniuls’y trouveroit, & l’on fe ièpara. Tous ces délais é-tmenc affrétés. Le but en étoit de gagner du tems pour transporterau - delà du Halys leurs familles & leurs effets : mais surtout de prendreprifonnf r le Consul, si cela se pouvoit, ou du moins de l’égorger. Danscette \ûë ils viennent le lendemain au lieu marqué, à la tête d’environmille chevaux, & attendirent que les Romains y arrivassent. Le Con-sul, sur le rapport d’Attalus, persuadé que les Rois viendroient, sortitdu camp comme la première fois avec cinq cens maîtres. II faut re-marquer que quelques jours auparavant les fourageurs de l’armée Ro-maine avoient été dans un endroit, où le détachement de cavalerie,qui suivoit le Consul à la conférence, servoit à les soutenir. Or le jourmême de la conférence les Tribuns ordonnèrent aux fourageurs, quiíortoient en grand nombre,d’aller où il étoit, & leur joignirent un au-tre pareil détachement Ce qui se fit alors fans dessein, fut d’un grandusage quelques heures après.
XXXV.