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Tome sixieme.
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,ê AMBASSADES DE POLYBE.

à quiconque la lui demanda, la permission de reprendre sur les Béo-tiens tout ce qui lui avoit été enlevé par eux; ce qui ne fut pasun léger sujet de guerre entre ces deux peuples. Sur le champ onprit à Mirrique & à Simon une partie de leurs troupeaux. II y eutcombat entre ceux qui prétendoient que cette proie leur apparte-noit, & ce fut le commencement non d’un procès de citoien à ci-toien, mais d’une haine qui n’auroit pas manqué de dégénérer enune guerre sanglante entre les deux nations, íì le Sénat eût persistéà vouloir que Zeuxippe sût rétabli dans fa patrie. Mais par bon-heur il n’inílfta pas davantage. Et les Mégariens pacifièrent les dif-férens en priant Philopœmen de révoquer la permission qu’il avoitdonnée à ceux de fa contrée qui avoienc contracté avec les Béo-tiens.

XXXIX.

Dispute entre les Lyciens £«? ìes Rhodiens.

V Oici quel en fut le sujet. Pendant que les dix Commissaires met-toient ordre aux affaires de l’Afie,Théetéte & Philophron vin-rent de la part des Rhodiens demander qu’en récompense de leur at-tachement au parti des Romains & de Pempressement avec lequel ilsles avoient servis dans la guerre contre A ntiochus, on leur donnât lasouveraineté sur la Lycie & sur la Carie. En même tems Hipparque &Satyre prioient qu’en considération de la liaison que les Riens, au nomdesquels ils parloient, avoient avec les Lyciens, on voulût bien par-donner à ces derniers les fautes où ils étoient tombés. Les Commissai-res aiant entendu les deux parties, pour contenter, autant qu’il leuré-toit possible , l’un & l’autre peuple, ne statuèrent rien de trop rigou-reux contre les 1 liens, & firent présent de la Lycie aux Rhodiens. Delà naquit entre les Lyciens & les Rhodiens une guerre fâcheuse. D’uncôté les lliens parcourant les villes de Lycie, publioient que c’éïoienteux qui avoient adouci les Romains en leur faveur, & à qui elles é-toient redevables de leur liberté. De l’autre Théetéte & Philophron ré-pandoient chez les Rhodiens, que la Lycie & la Carie &jusqu’au Méan-dre leur avoient été attribuées par les Romains. Les Lyciens donc secroíant libres, députent à Rhodes pour proposer une alliance entre lesdeux peuples, les Rhodiens au contraire se croiant maîtres envoientquelques-uns de leurs citoiens pour ranger les affaires des deux provin-ces qui leur avoient été données. Quoique de part & d’autre on pen-sât fort différemment, tout le monde cependant n’étoit pas encore-