2 gó AMBASSADES DE P O L Y B B.
Mégalopoles, où se tenoit alors le Conseil des Achéens, des Am-baíîad, urs de la part d’Luméne , qui promettoit à la Républiqueíìx vingt talens, dont l'intérfct seroit destiné à Fentretien de ceux quicomposoient le Conseil public. 11 en vint d’autres encore de Séleu-cus , qui au nom de leur Maître offrirent dix vaisseaux armés enguerre, Sc qui demandèrent que Tancienne alliance faite avec.ce Prin-ce fût renouvellée. Le Conseil assemblé, le premier qui y entrafut Nicodème d’Elée , qui fit le rapport de ce qu’il avoit dit dans leSénat Romain fur IV,flaire de Lacédémone, Sc.de ce qui lui avoit étérépondu. On jugea par les réponses qu’à la vérité le Sénat n’étoitcontent ni de la destruction d u gouvernement de Sparte , ni du dé-molissement des murs de cette ville, ni du meurtre fait à Compafium;mais qussl n’annulloit rien de ce qui avoit été statué. Et comme ilne fe rencontra personne qui parlât pour ou contre les réponses duSénat, il n’en fut plus fait mention. On donna ensuite audianceaux Ambassadeurs d’Euméne, qui après avoir renouvelle l’alliance fai-te autrefois avec Attalus père du Roi, & proposé les offres que fai-foit Euméne de íìx vingt talens, vantèrent fort la bienveillance Sc l’a-mitié qu’avoit leur Maître pour les Achéens. Quand ils eurent fini,le Sicyonien Apollonius fe leva & dit que le présent que le Roi dePergame offroit, a le regarder en lui-même, étoit digne des Achéens;mais que íi l'on faiíoit. attention au but qu’Euméne se proposoit Sc àFutilité qu'il se promettoit de tirer de sa libéralité, la République nepouvoit accepter ce présent sans se couvrir d'insamie, St sans com-mettre le plus énorme des crimes: que ce dernier inconvénient étoithors de doute, puisque la loi défendant à tout particulier, soit du peu-ple soit d’entre ies Magistrats, de rien recevoir d’im Roi, sous quel-que prétexte que ce soit; la transgression seroit beaucoup plus crimi-nelle fi la République en corps acceptoit les offres d’Euméne : qu’àl’égard de l’insamie, elle étoit sensible & sautoit aux jeux: car quoide plus honteux pour un Conseil que de recevoir d'un Roi chaque an-née dequoi se nourrir , Sc de ne s’assembler, pour délibérer sur lesaffaires publiques, qu’après s’être pour ainfi dire enivrés à fa table;~que cela nuiroit aussi beaucoup aux affaires de Ja patrie; qu’aprés Eu-méne Prusias ne manqueroit pas aussi de faire des largesses, Sc Séleu-çus après Prussas : que lçs intérêts des Rois étant d’une autre natureque ceux des Républiques, Sc dans celles-ci les délibérations lesplus importantes roulant presque toujours fur des contestations qu’onavoit avec les Rois, il arriveroit nécessairement de deux choses l’une,ou que les Achéens feroient l’avantage de ces Princes au préjudice dela nation, ou qu’ils fe rendroient coupables d’une noire ingratitude en-vers leurs bienfaiteurs. II finit en exhortant les Achéens non seulementde refuser le présent qu’on leur offroit, maís encore de détester Eumé-