AMBASSADES DE POLYBE. 303:
Charmion , & de sortir de Phalafarne sans rien enlever de ce qui ap*partenoit aux habitans. 11s leur laissèrent aussi la liberté de faire partiedu Conseil public ou de n’y pas entrer, selon qu'ils trouveroient l’unplus avantageux que l’aucre, pourvu qu’au reste ils se continstènt dansles bornes de leur domaine. 11s accordèrent aussi la même permissionaux Phalasarniens, qui avoient été bannis de'la ville pour avoir tuéMenoetius un des plus illustres de leurs citoiens.
XLVL
Plaintes des Mmbaffadeurs de la Grèce contre Philippe. Réponses-que h Sénat Romain leur donna & à Demetrius fils du Roi
de Macédoine.
I L ne íè vit peut-être jamais tant d’Ambassadeurs de Grèce à Rome'qu’on en vit dans la cent quarante-neuviéme olympiade. Le bruitne se fut pas plutôt répandu que Philippe étoit. obligé de porter de-vant des Juges les démêlés qu’il avoit avec ses voisins, que les Ro-mains écoutaient les plaintes qu’on-avoit à faire contre ce Prince, &•qu’ils prenoient fous leur protection les peuples qui avoient contre luileurs droits ou leurs intérêts à défendre;, ce bruit, dis-je, ne se fut pasplutôt répandu, que de tous les environs de la Macédoine on ne vit àRome que des accusateurs contre Philippe, les uns pour eux-mêmes,les autres au nom de leur ville, d’autres encore au nom des nationsaufquelîes ils s’étoient joints. 11 en vint aussi de la part d’Euméne, à latête defquels étoit Athenée frère du Roi, pour se plaindre de ce quePhilippe n’avoit pas évacué les villes de la Thrace, & de ce qu’il ayoitenvois du secours a Pruíias. 11 en étoit venu encore de Lacédémone,& chaque faction de cette ville y avoit ses députés.• Pour Philippe, iln’avoit auprès du-Sénat pour défenseur que son fils Demetrius,. qu’ilavoit fait accompagner de Philodes & d'Appelles, deux amis en qui ilavoit une confiance entière. Le premier que le Sénat fit appeller futAthenée, dont il reçut une couronne du prix de quinze mille piècesd’or. Aussi fit il de grands éloges d’Euméne & de ses frères, les exhor-tant de persister toujours dans les mêmes sentimens. Les Consuls in-troduisirent ensuite Demetrius & tous les accusateurs de Philippe, lesuns après les autres. Us étoient en si grand nombre que trois jours en-tiers se passèrent à les entendre, & que le Sénat ne sçavoit commentsatisfaire à tous.. Car il en étoit venu de la Thessalie non feulement aunom du Roiaume en général, mais de lá part de chaque ville. LesPerrhebiens, les Athéniens, les Epirotes, les Ulyriens y en avoient
aussi-