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Tome sixieme.
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3 c 4 AMBASSADES DE POLYBE.

auflì envoiés. Les uns reprochoient à Philippe d’avoir empiété fur desterres hors de son district, d’autres d’avoir enlevé des hommes & desbestiaux fur le domaine d’autrui, ceux-ci d’avoir empêché que la justicefût rendue selon les loix, ceux-là d’avoir corrompu les Juges. Enfin ilíe faifoit des plaintes en si grand nombre qu’il n’étoit pas possible deles retenir toutes, ni de les ranger dans un certain ordre. Le Sénatlui-même ne pou volt pas approfondir 6 c éclaircir tant de faits de diffé-rente nature, & il dispensa Demetrius de justifier le Roi son père furtout. 11 aimoit ce Prince, qui étoit alors fort jeune, & nullement enétat de répondre aux subtilités 6 c aux chicanes dont fe fervoient lesaccusateurs. D’ailleurs Demetrius n’avoit que des paroles pour défendreson père, 6 c le Sénat vouloit connoître à fond les dispositions de Phi-lippe. On fe contenta donc de demander au jeune Prince 6 c à fes deuxamis, si le Roi ne leur avoit pas mis entre les mains quelque mémoi-re. Demetrius répondit qu’il en avoit un , & en même tems produisitun petit livre, où l’on lui ordonna de lire toutes ies réponses que Phi-lippe avoit faites en général à toutes les plaintes qu’on pourroit portercontre lui. Le Roi difoit dans ce livre qu’il avoit exécuté les ordresdes Romains ; que si quelquefois il y avoit manqué, l’on ne devoirs’en prendre qu’à íès accusateurs. Presque sur chaque article il répétoitQuoiqu'en cela Cœcilius £ 5 ? les autres Commis]air es ne nous aientpas rendu la justice qu'il s nous dévoient. Et encore : Quoiqu'ennous donnant ces ordres , on n'ait m nul égard à la justice. Ainsifinissoient presque toutes les réponses de Philippe. C’eft pourquoi leSénat, après avoir entendu les accusations, satisfit en général à toutesen disant par le ministère du Consul, que fur ce qu’avoit dit ou luDemetrius, il étoit persuadé que Philippe ne s’étoit pas écarté & nes’écarteroit pas dans la fuite de ce que la justice demandoit de lui;mais qu’on ne lui faifoit cette grâce qu’à la considération du Princeson fils ; & afin qu’il n’en doutât point, qu’on envoieroit en Macédoi-ne des Ambassadeurs, tant pour examiner s’il fe conformoit en tout àla volonté du Sénat, que pour lui faire connoître que c’étoit à Deme-trius qu’il étoit redevable de l’indulgence dont on avoit usé à son é-gard: réponse qui devoit d’autant plus flatter le jeune Prince, qu’elleétoit assaisonnée des marques les plus tendres «Sc les plus sincères d’esti-me 6 c d’amitié, 6 c qu’on ne lui demandoit pour tant de déférences,sinon qu’il fût ami du peuple Romain.

Cette affaire conclue, on donna audiance aux Ambassadeurs d’Eu-méne, lesquels íe plaignirent que Philippe eût envoié du secours à Pru-sias, 6c de ce qu’il n’avoit point évacué ies villes de la Thrace. Philo-cles qui avoit été Ambassadeur de la part de Philippe auprès de Pru-sias, 6c qui étoit venu à Rome pour ces deux affaires par Tordre duRoi de Macédoine, voulut dire quelque chose pour l’excuíèr, mais le

Sénat,