AMBASSADES DE PÔLYBE. 3C,-
Sénat, après ravoir écouté quelque tems, répondit, que si les Dépu-tes, en arrivant dans la Macédoine, ne trouvoient pas ses ordres exé-cutés &c toutes lçs villes de Thrace remises au Roi de Pergame, il au-roit raison de cette désobéissance , & ne soulfriroit pas qu’on l’a musâtplus longtems par des promesses frivoles. 11 paroît de là que si l'indi-gnation des Romains n'écJata point alors contre Philippe, ils ne fu-rent arrêtés que par la présence du Prince son fils. Mais si cette Am-bassade lui fut avantageuse d’un côté, de l’autre elle ne contribua paspeu à la ruine entière de la Maison de Macédoine. La grâce que lejeune Demetrius avoit obtenue du Sénat lui enfla le cœur. Persée sonfrère & Philippe conçurent une jalousie furieuse de la préférence qu’onavoit donnée sur eux au jeune Prince. Leurs soupçons furent considé-rablement augmentés par la conversation secrète qu’eut avec Deme-trius je ne sai quel inconnu , qui lui fit entendre que bientôt les Ro-mains le mettróient fur le trône de Macédoine, & qui en même temsécrivit à Philippe qu’il étoit important pour lui d’envoier une secon-de fois à Rome son fils & ses amis. Ces deux incidens vinrent fortà propos à Persée pour engager. Philippe à consentir à la mort deDemetrius. Nous verrons dans la fuite de quelle maniéré l’arrêt en futexécuté.
Les Ambassadeurs des Lacédémoniens entrèrent après ceux d’Eumé-ne. Quelques-uns demandèrent que leurs bannis fussent remis en liber-té, & qu’on leur rendît tous les biens qu’on leur avoit ôtés au temsde leur exil. Mais Arée & Alcibiade dirent que c’étoit assez qu’on leuren rendît la valeur d’un talent, & qu’il faloit en partager le reste entreles citoiens qui étoient les plus utiles à l’Etat. Un autre Député, c’é-toit Serippe, demanda que la République fût rétablie dans la formede gouvernement qu’elle avoit, lorsqu’elle étoit du corps des Achéens.Chafon prit la défense de ceux qui avoient été condamnés à mort oubannis par les Achéens. 11 sollicita le retour des exilés, & demandaque la République fût remise dans son premier état. Chacun d’eux a-voit à l’égard des Achéens des vûës particulières, & parloit selon cesvûës. Le Sénat ne pouvant éclaircir tous ces diftèrens, choisit trois ci-toiens qui avoient déja été députés dans le Péloponèse pour les mêmesaffaires, & qui étoient Titus, Quintius & Cœcilius. On plaida long-tems devant eux toutes ces causes, & l’on convint que les bannis re-tourneroient dans leur patrie, que ceux qui avoient été condamnés àmort l’avoient été injustement, & que Lacédémone continueroitd’êtredu corps des Achéens. Restoit à décider-si l’on rendroit aux bannistous leurs biens, ou si l’on réduiroit ces biens à la valeur d’un talent,mais c’ell fur quoi l’on ne s’accorda point. Au reste afin qu’on nerevînt pas à disputer sur tous les points, on mit par écrit ce donton étoit convenu, & les Commissaires ordonnèrent que les parties
Tome VI. Q q si-