AMBASSADES DE POLYBE.
Zio
L11.
Lycortas après avoir soumis k s Mèfsèniens venge la mort
de ïlnlopoemcn.
A Près que Lycortas, Préteur des Acháens, eut jetté la terreur par-mi k s MeiTéniens, ceux-ci, au lieu de se plaindre comme au-trefois de la rigueur du gouvernement, oioient k peine, quoique se-courus par les ennemis, ouvrir la bouche Sc dire qu’il falloit députerpour traiter de la paix. Dinocrates lui-même environné de tous lescôtés, prit le parti de céder au tems & de se retirer chez lui. Alorsles MeiTéniens dociles 2 ux avis de leurs anciens, & surtout des Ambas-sadeurs de Béotie, Epenéte 5c Apollodore, qui heureusement se trou-voient alors à Messéne pour négocier la paix; les MeiTéniens, dis-je,députèrent pour finir la guerre 5c demander pardon de leurs Fautespassées. Lycortas assembla les autres Magistrats, & après avoir en-tendu les Députés, il leur dit, que Punique moien qu’avoient lesMeiTéniens pour obtenir la paix, étoit de livrer les auteurs de la ré-bellion &, de la mort de Philopœmen, de remettre tous leurs inté-rêts en la disposition des Achéens, 5c de recevoir garnison dans leurcitadelle. La réponse du Préteur divulguée, ceux d’entre le peuplequi depuis longtems vouloient du mal aux auteurs de la guerre,étoient très-diiposés k s’en saisir 5c k les livrer. D’autres, qui croioientn’avoir rien k craindre de la part des Achéens, consentoient aussi vo-lontiers qu’on abandonnât tout k leur discrétion. Et il falloit bienque les uns 5c les autres acceptassent les conditions, puisqu'il ne leurrestoit aucune autre ressource. La citadelle fut donc aussitôt ouverteau Préteur, qui y mit des rondachers. II entra ensuite dans la ville suivid’un corps de troupes choisies. II convoqua la multitude, lui fit uneharangue convenable aux conjonctures présentes,5c lui promit que ja-mais il ne manqueroit k la foi qu’il lui avoit donnée. Pour les affairesgénérales, il les renvoia toutes au Conseil des Achéens qui devoit fortà propos s’assembler à Mégalopolis. II fit encore justice de tous ceuxqui étoient convaincus de quelque crime, 5c condamna k mort ceux quiavoient trempé dans la mort de Philopœmen.
XIII.