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Tome sixieme.
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3*2 AMBASSADES DE POLYBE.

blés pour empêcher qu’Attalus réécoutât ceux qui le porteroient àpartager le Koiaume. Ce Médecin homme prudent, habile k persua-der, & en qui Euméne avoit beaucop de confiance, prend Áttalusen particulier & lui dit tout ce qui pouvoit le détourner d’un desseinfi pernicieux. 11 en vint k bout, mais ce ne fut pas fans peine. 11lui représenta qu'il étoit autant llôi que son frère; qu’ils avoienttous les deux un pouvoir & une autorité égale; qu’il n’y avoitentre eux deux d’autre différence, íinon qu’il n’avoit ni le diadème nile titre de Roi: mais que son droit k la succession du Roiaume étoitincontestable, & que le tems de succéder n’étoit pas éloigné, que lafoible lanté d’Euméne le menaçoit fans cesse d’une mort prochaine,&que ce Prince n’aiant pas d’enfans mâles, car on ne connoissoit pointencore alors le fils naturel qu’il avoit & qui régna dans la fuite, il nepourroit, quand il en auroit dessein, laisser le Roiaume k d’autres qu’acelui de ses frères qui le suivoit immédiatement. Stratius ajoutoit quece qui le touchoit principalement, étoit le péril où Attalus exposoit leRoiaume de Pergame. Vous aurez vous & votre frère, lui difoit-il,de grandes grâces k rendre aux Dieux immortels, si d’accord ensemble& agissant ae concert vous pouvez chasser de vos Etats les Gauloisqui menacent de les envahir: que íèroit-ce donc si la discorde vous sé-paroit P un de l’autre? 11 est clair que cette division renversera totale-ment le Roiaume, qu’elle vous fera perdre la puissance dont vous yjouissez maintenant, qu’elle ruinera toutes les espérances que vous avezpour l’avenir, qu’elle dépouillera vos frères du Roiaume & de tout lepouvoir qu’ils y exercent k présent.

Ces raisons & autres semblables firent impression fur Attalus ,*il re-nonça aux ambitieux projets qu’il avoit formés. Entré dans le Sénat,fans parler contre son frère & fans demander qu’on partageât le Roiau-me de Pergame, il se contenta de féliciter le Sénat sur la victoire rem-portée dans la Macédoine, il fit modestement valloir le zélé & l’affec-tion avec laquelle il avoit servi dans la guerre contre Perlée, il priaqu’on envolât des Ambassadeurs, pour réprimer l’insolence des Gaulois& les réduire k leur premier état, & finit par prier qu’on lui donnâtl’investiture dVEnum & de Maronée.

Le Sénat s’imaginant qu’Attalus reviendroit en particulier l’entrete-nir des mêmes choses, promit d avance qu’il dépêcheroit des Ambassa-deurs, & fit au Prince les présens accoutumés. II lui promit encorede le mettre en possession des deux villes qu’il avoit demandées. Maisquand on sçut qu’il étoit parti de Rome, le Sénat piqué de voir qu’iln’avoit rien fait de ce qu’on attendoit de lui, & ne pouvant s’en ven-ger d’une autre maniéré, révoqua la promesse qu’ií lui avoit faite, &avant que le Prince sûr hors d’italie, déclara gRnum & Maronée villeslibres & indépendantes. On envola cependant vers les Gaulois une

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