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auroit reçu des présens. Philinus de Corinthe avoit été traité quelquetems auparavant de la même maniéré que Sosicrates. Diœus l’accusad’avoir envoié k Chalcis, 6c d’avoir pris le parti des Romains. 11 lelit prendre lui 6c ses enfàns» les ík tourmenter les uns fous les yeuxdes autres, 6c les supplices ne Unirent que par la mort du père & deses enfans. On me demandera fans doute comment il s’est pû fairequ’une confusion fì universelle 6c un gouvernement plus dérangé qu’onn’en voit chez des Barbares, n’aient pas détruit de fond en combletoute la Gréce. Pour moi je m’imagine que la fortune, toujours in-génieuse 6c adroite, prit plaisir à s’oppoíèr aux folies 5 c aux extrava-gances des Chefs. Quoique repoussée de toutes parts, elle voulut dequelque maniéré que ce fùt íàuver les Achéens, 6c pour cela elle seservit du seul expédient qui lui restoit, elle fit en sorte que les Grecsfussent aisément vaincus 5 c qu’ils ne tinssent pas longtems contre les Ro-mains. Par ce moien elle empêcha que la colère de ceux-ci ne s’em-portàt trop loin, que les légions ne fussent appellées d 1 Afrique, 6c queles Chefs des Grecs n’exerçassent quelque cruauté fur les peuples, cequ’ils n’auroient pas manqué de faire, du caractère qu’ils étoient, s’ilsavoient remporté quelque avantage. On n’en doutera nullement, pourpeu qu’on fasse réflexion fur ce que nous avons dit d’eux. A u reliele mot qui courut en ce tems-là, confirme notre conjecture: Si nousn'étions péris promtement , difoit - on par tout, nous n aurions piinous sauver .
LXXXVII.
yîulus Poflhumius AìbìnuS.
C E Romain tiroit son origine d’une des plus illustres familles deRome. II étoit naturellement grand parleur 6c vain au suprêmedegré. Curieux dès l’enfance de l’érudition 5 c de la langue Gréque,il se livra à cette étude avec une ardeur si deroésurée, qu’il inspi-ra-du dégoût 6c de l’averíion pour elle aux plus anciens 6c aux -plusdistingués des Romains. II fit même un Poème 6c écrivit une Histoi-re dans cette langue. Dès l’entrée de celle-ci, il demande grâce à seslecteurs, s’ils y trouvent quelques fautes de langage, n’étant pas éton-nant qu’un Romain ne possède pas la langue Gréque dans la plus gran-de perfection. On débite îà-dessus un bon mot de Marcus PorcinsCaton. „ Pourquoi, disoit-il, s’excuser? Si le Conseil des Amphyctions„ lui avoit ordonné d’entreprendre cette Histoire, l’excuse seroit,» peut-être recevable. Mais après savoir entreprise volontairement
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