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58 SUPPLEMENT A L’ HISTOIRE
pas engager, rien ne l’empêche de la refuser à son ennemi, en avan-çant & poussant les ailes de la Cavalerie en avant aux points A, pen-dant que son Infanterie B , attend le succès de la Cavalerie pour chargerFJnfanterie ennemie. II y a mille exemples dans les Auteurs anciens &modernes de ces fortes de stratagèmes. Polybe en raporte un célébré* Fmrefe Scipion contre Asdrubal * en Espagne.d'Anmbai Amande à celui qui ne s’attend pas à une semblable manœuvres’il se trouvera tort bien d'avoir mis fa Cavelerie aux ailes, si fort éloi-gnées de son Infanterie ; car comme elles s’étendent fort loin il est im-possible qu'une arme puisse marcher au secours de Fautre, & quand mê-me cela íè pourròit i voit - on que cela fe fasse ? on s’est si bien mis dansla tête qu’il faut que chaque arme combatte au poste où elle est fans se-courir Fautre, que cela est presque passé en coutume, au lieu qu’en lesentremêlant toutes les deux, on ne peut attaquer Fun fans avoir Fautre entête, comme je le ferai voir bientôt, selon que je Fai pensé dans mon systèmede Tactique, car en se rangeant, selon la coutume ordinaire, si la Cavalerieest attaquée,FInfanterie qui est au centre,& qui craint que celle de Fennemï,qui la tient en échec, ne marche à elle, n’ose faire le moindre mouvement,ni se dégarnir nulle part. D’ailleurs, tous ces mouvemens de troupesqu’on tire du centre, ou d’une aile de Cavalerie pour porter du secoursà Fautre , lors que celles de la réservé ne suffisent pas, ne fe font pasdans un instant, il faut du tems, outre que les actions dé Cavalerie nesontguéres disputées comme celles d’Infanterie. En vérité n’eit-ce pasune folie que de mettre le salut d’une armée en une seule arme, aban-donnée à elle- mème, lorsqu’on peut Fassurer par une autre.
Croit-on que Fennemi, victorieux à Fextrêmité d’une aile, demeureen si beau .chemin ; il repliera tout court sur ce qui reste en entier, sejettera sur ses flancs, enveloppera cette aile de toutes parts. Si la sec onde.ligne marche au.secours, il. fera marcher la-sienne avec d’autant plusd’avantage, & d’assurance de vaincre qu’il sera déja victorieux de lapremiere. Si toute cette aile de Cavalerie est batuë, chassée & enlevéehors de son terrain, que deviendra FInfanterie ainsi dénuée & dépouil-lée de son prétendu soutien? Peut-elle s’empêcser d’être envelopée parla Cavarie victorieuse? Ne se trouvera-t-elle pas attaquée de front parFInfanterie ennemie ..soutenue encore de fa Cavalerie, qui vient devaincre.
II est rarè de rencontrer dans une armée une égalité de conduite,de courage, d’expérience & de bonne volonté dans les diíférens corpsqui la composent. 11 y a toujours du plus ou du moins, ils n’ont pastous une égale constance les uns aux autres. 11 y en a plusieurs de ré-putation, & d’àutrçs fur. la valeur xsefquels on compte peu, ce-seroicune cipece de miracle li cela n’étoit, & cela se rencontre dans les ar-mées les'pius braves & les plus aguerries & csest ce plus ou ce moins
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