DE POLYBE, DISSERTATION «Sec. ' 59
qui décide ordinairement de la victoire, ou du mauvais succès d’une ba-taille. Je»dis ordinairement, car cela n’arrive pas toujours, le moinscaufè quelquefois la perte du plus. Trois mauvaiíès brigades ameutéesenlemble peu vent faire le coup, malgré.lassermstv-des dix autres; cel-^les ci, dans des conjonctures lavorables, réparent souvent la laute destrois autres. Quelquefois une feule brigade à la seconde ligne répare-ra le delòrdre de deux, & remplacera celles qui auront lui ou perduleur terrain k la premiere, c’est ce que lit de Seuil * avec la isenne à la * co.Viíbataille de Castillon, que M. de Medavi gagna avec tant de gloire. * Bi s ir
On réussit en certaines rencontres par la valeur d’une arme, l’on^'est souvent bat u par la foiblesse, 011 la mauvaile conduite d’une autre.
C’est une chose qu’011 doit bien coníidérer, & bien méditer avant quede former lès brigades, «Sc faire en íòrte que le nombre des mauvais ba-taillons ne l’emporte pas fur le petit nombre des bons.
Si : la'"Cavaíerie est excellente, l’ínfanterie vaudra peut-être moins,fi elle vaut moins, «Sc celle de l’ennemi plus, celle-ci fera victorieuses,mais íì l’on mêle une bonne Cavalerie avec une Infanterie médiocre; lesdeux armes mêlées «Sc unies ensemble deviendront toutes les deux éga-les en force & en constance, «Sc I’émulation naîtra de leur jonction. Sila Cavalerie est mieux menée «Sc mieux commandée que l’infanterie,qui peut douter que cela ne fasse une difference? «Sc par consequent Tu-ne est, k certains égards, inférieure k l’autre; il s’enseit de la qu’iln’ya plus d’égalité entre-elles, quand elles scroíent égales en tout le re-ste.
Si on les fait combattre séparément, selon la coutume ordinaire, s’ily a d’habiles Officiers dans la Cavalerie, & que l’infanterie en man-que, il est certain que celle-ci se trouvant trop éloignée de l’autre ne re-cevra ni secours, ni conseil de ceux qui commandent k cette..Cavalerie.!
11 est rare , comme je l’ai montré, que cela soit autrement dans unearmée, qu’il n’y ait du plus ou du moins, «St c’est, je le repéteencore,ce plus ou ce moins qui rend nécessaire l’union «Sc le mélange d’une ar-me avec Tautre; car quand l’infanterie revenant k les piques, scryit enétat de se soutenir indépendanment de la Cavalerie, il ne serôit pasmoins d’une nécessité abfolué de la mêler avec l’autre, puiíque la Ca-valerie plus foible ne sauroit combattre feule sans l’apuf chine arme plusforte, elle combattra même avec plus de.confiance, fe voiantsoutenuepar des corps impénétrables k la Cavalerie. Cela est fans répliqué.
S u posons que í’ennemi, plus fort de quelques escadrons, ou de quel-ques bataillons, joigne avec cet avantage, une valeur ég de à celle quilui est oposée; il est incontestable que le nombre , pour petit qu’il puis-se être, fera pancher 4 a balance. Cet avantage est toujours très-coníi-dérable dans un courage, & une expérience égale de deux côtés. Sicette Cavalerie est rQmpuë & défaite, avant que l’mfantcrie ait rien