SENTIMENS D’UN HOMME DE GUERRE.
étoient attaqués en flanc, & qu’ Jsdrubal par la Cavalerie Espagnole luttai& Gauloise fondant fur eux par leurs derrières, la fit couler par trou* iLpes dans la mêlée par plusieurs endroits ; donnant par cette actionde nouvelles forces anx JfrkamSy il flt tomber les Armes des mains-des ennemis. 11 est vrai qu’ils ne firent pas comme l’Infanterie dontparle Monteeucuìi : Ils ne mirent pas les Armes bas, ni ne de mandè-rent pas quartier. Ils mombattoient toujours, & faisant front k ceuxdont ils étoient environnés, ils résilièrent tant qu’ils purent. Maisles troupes qui étoient k la circonférence diminuant de plus en plus,ils furent enfin serrés à fétroit & passés tous au fil de l’épée. Et pourJnnihal & Xantippe , le succès fut tel, que dès qu’ils eurent dépouil-lé l’ennemi de ses aîles de Cavalerie, & qu’ils eurent contraint l’In- •fanterie à faire front de tous côtés, bien que cette-Infanterie étoittrès-supérieure en nombre , & qu’elle eombattoit par Colonnes, ilsremporteront l’un & l’autre une victoire des plus complettes. II est ^vrai.que.les fautes> que les deux Généraux Romains firent, y contri-buèrent beaucoup. Ils resserrèrent trop les distances entre les Colon-nes, & ils négligèrent de fortifier leur Cavalerie. Si Reguìus avoit rlaissé de bonnes distances entre ces Colonnes, tout au moins, triplesk leurs fronts: en donnant par ces grands espaces une étendue double-à Ion front, il surpassoit la phalange,, de Xantippe \ k s ailes. Si Var-ron, qui se trouvoit à son-Infanterie plus fort de la moitié, avoit faitses Colonnes chacune feulement de deux sections j & élargi un peuplus les espaces d’entre elles, qu’il ne fit: par ce moien prolongeant'^la ligne de plus d’un tiers, . Annibal fe fût vû lui-même si prodigieuse-ment íúrpalí'é k ses aîles, que toute son habileté tomboit à terre. Etrien n’empêchoit ni l’un ni Tautre de faire soutenir en même tems leurCavalerie par les Triasses enchâssés dans les Escadrons. Rien n’a étéremarqué plus judicieusement, de la part de Monsieur le Chevalier deFoiard-,. que ces fautes. Elles sont certainement contre le bon sens,
& contre les réglés de la guerre. Mais elles sont auíïi très-propres àjultisier le principe à la conduite de Xantippe &c de Reguìus , l’expé-rience de Monteeucuìi , par conséquent le principe des Généraux mo-dernes, & k faire sentir., que rien ne íàuroit donc être plus contrairek la réglé & au bon sens, que de ne se mettre pas en peine d’être dé-bordé bien qu’on< veuille combattre par Colonnes , & fortifier la Ca^ -valerie par une partie d.’fnfanterie. ;
L’autre exemple dont je voulois parler, c'est celui qui nous est pro- nippon,posé dans la manœuvre que fit Epaminondas , k la Bataille de MantissJ^née. Citons le passage, tel qu 1 Ablancour.t nous à donne „ E'en- Nàà
» ns-
* Histoire Grecque de.Xwaíipn, Liy; Vil. pas. 3,1;-. . .. '
Ts '