SENTIMENS 'D’UN HOMME DE GUERRE. 2*9
terie ennemie, elle demeura serine dans On poste, comme fi elle eut Lett»*.' attendu Tordre de donner. n *
On fait que les force? des armées de ce tems-Ik, consistoient pro-prement dans leur Infanterie. Si elles avoient mille 011 douze censchevaux,., c’ètoit beaucoup; encore étoit-ce de la Cavalerie aslèz maldisciplinée & gueres mieux armée. Cependant, fi leurs ailes de Ca-valerie, composées d’un si petit nombre de chevaux, venant à êtrerenversées, pou voient causer un si grand trouble parmi leur Infante-rie, & mériter de la part d'Epaminondas, une auílì grande attentionque celle qu’il fait ici paroître, jugez quelle auroit été son attention aucas qu’il-eût trouvé en. tête une centaine ou plus de nos Escadrons,capables à proportion de leur nombre & de leur discipline d’un bienplus grand effort.
Quelle fera donc la leçon que nous tirerons de la conduite de ce Gé-comMennéral Thébain: Sera-ce qu’il faut engager au centre préférablementaux ailes, comme Monsieur le Chevalier de Folarâ prétend: Maïs Tarn*.Epaminondas ne pense pas feulement le contraire ; il agit encore d’u- est «wo-ne maniéré directement opposée. 11 ne prétend pas qu’une arméescîíustrouve des ressources infinies, lorfqu’elle est attaquée à ses ailes. Bien ^ 4 .loin de là, il poíè en fait comme Montecuculi , que la Cavalerie des'ailes étant une fois renversée, Tlnfanterie du centre ne tient pas. Surce principe, pendant qu’il ne présente que l’aîíe gauche du Corps de-Bataille, & qu’il refuse en quelque maniéré, le reste: 11.engage le com-bat par la Cavalerie de son aile droite, à celle de la gauche de l’enne-mi, & il oppose celle de sa-gauche à 1 celle de la droite, empêchant parlà que celle-ci ne bouge, c’efí>à-dire qu’il engage précisément dansTendroit d’où la victoire íèlon lui doit procéder. Quoi de plus natu-rel? Aussi le succès répond fi bien à ce principe, que son Infanterie8-étant approchée, ne trouve autre chose à faire que de voir tranquil-lement l’ônnemi en désordre fuir de cous côtés. Cela ne se voit-il pastoujours, lorsque Tlnfanterie dépouillée de ses ailes, tarde trop à pren-dre le parti de la retraite? Cet habile Général, s’il connoissoit le fortde fa disposition & du mouvement qu’il iit au corps de Bataille, à decertains égards, n’en connoissoit pas moins le foible à d’autres égards.
11 avoit raison de croire que par fa Colonne il enfonceroit l’ennemi an"centre & le sépareroit de ses ailes, au cas qu’il tint ferme, & qu’il pûtle joindre. A Tun,. il nous a dit, qu’il ne s’y attendoit pas trop: Al’autre pouvoit-il y prétendre, à moins que ses ailes ne répondissentau but qu’il s’en étoit proposé? 11 étoit trop grand Tacticien-, & trop.expérimenté pour ne pas prévoir, que si ses aîlas venoient à être bat-tue? » qu’alors tout grand Homme (Tlnfanterie. qu’il étoit, fa sciencelui seroic inutile. Que sa Colonne, avec- le reste de Tlnfanterie an
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