v LETTRE
v IV.
212 SUPPLEMENT A L’HISTOIRE DE POLYBE.
paroît i dans aucune des armées des deux partis, que la seconde & íatroisième ligne aient succédé à la prémiere.
Quant au prémier cires, je réexaminerai point si les termes de l'o-riginal, duplici, acie , acie íripUcì institut signifient rangé en deuxcorps , rangé en trois corps , & non rangé fur deux lignes , rangé furtrois lignes. Mais en admettant, si on veut, le prémier, c'est-à-di-re en admettant ce qui peut-être seroit rejetté par des personnes aulïìversées dans la langue Latine , que dans le métier de la guerre, j'ad-mettrois de même la conséquence qu'on en veut tirer; si les premiè-res, les secondes, & les troisièmes lignes, par leur maniéré d’être, àcause d’une division faite, sur la hauteur de l’Armée, n’étoient réelle-ment autant de corps, proprement dits, distingués du tout. Je l’ad-mettrois de même cette conséquence, si supposant que les Romains par-tageoient encore leur Infanterie en trois parties, par une division fai-te fur tout le front, dont chaque partie devenoit par là un corps dis-tingué du tout, dans un autre sens, celui de la droite étant appellési vous voulez, cornu dextrum , celui de la gauche, cornu sinistrum ,celui du milieu, média acies: si dis-je, il y avoit moindre contradic-tion, que ces corps distingués de la torte, pussent être rangés en mê-me tems lùr deux ou trois lignes, fans changer par là de nature. Maiscomment douter de cette possibilité ? Quana les notions naturelles nenous le dicteroient pas, les exemples que nous venons de citer, oùces trois corps de la droite, de la gauche, & du milieu se trouventrangés fur trois lignes, ces exemples nous l’apprendroient suffisam-ment. ,
On peut encore remarquer que, si ces termes, rangé-.en trois corps;emploiés pour une Armée partagée en trois êorps, & en même temsrangée,fur trois lignes, n’impliquent aucunê contradiction, qu’il enest aussi de même pour- une Armée, qui rangée fur trois lignes, mar-che en trois corps, 6 c se remettant en ordre de Bataille, lè forme entrois corps rangés fur crois lignes. Supposons en effet, qu’une Ar-mée partagée & rangée de la forte, défile selon sa division faite fur íà.hauteur, prémierement par les troupes de la prémiere ligne, puis parcelles de la seconde & de la troisième : Ou bien selon sa division faitesurtout le front, prémierement par le corps de la droite, puis parcelui du milieu, & de la gauche, & que formant ainsi dans ces deuxcas également trois corps distingués f un de l'autre, elle veut ensuitese remettre en Bataille, quelle difficulté y a-t-il, quelle se remette enmême tems en trois corps & fur trois lignes, comme elle s’étoit trou-vée, avant que les troupes se fussent mises en marche? Cela ne ft pra-tique-t-il pas tous les jours en petit, par un Escadron rangé fur troissse hauteur, qui défile tantôt par rangs, tantôt par files? Aussi César
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