SENTTMËNS D’UN HOMME DE GUERRE. riz
tì’y trouve aucun inconvénient. Car après avoir dit quelque part # ,Lbtt**qu’il marcha trois corps contre les ennemis, on voit un moment a- iV *près, qu’étant arrivé en leur ^présence, il forme auffi-tôt son Arméeen Bataille fur trois lignes. La preuve en est ce qu’il ajoute, savoir,que voiant qu’ils refusoient le combat, il résolut de camper à quatrecens pas du pied de la montagne, & que pour se pouvoir retranchersans être découvert-., il fit tirer un fossé de quinze pieds fans aucunepallissade. Or par quelles troupes le fit-il tirer? Par les troupes de la.troisième ligne ; mais où étoient -les autres? Tandis que les autres é-toient devant en Bataille.
D’ailleurs, comment p eu t-on prétendre que César & Crajsus dansune occaíion comme celle-ci, où il s’agissoit pour l’un & pour l’autrede l’attaque d’un camp retranché, eussent combattu, du prémier a»bord, avec toutes leurs troupes à la fois, rangées fur une feule ligne,avec des espaces-fort petits entre les Cohortes , comme en Phalange>coupée ? Ne trouvez-vous pas , qu’il y auroit eu dans cette manœuvre,bien du simple, quoique peu d’excellent ? Enfin, Monsieur, fau-droit-û autre chose pour mettre de bonne humeur les Modernes, qui,bien que sort inférieurs à ces Grands Maîtres , croiroient agir contreles réglés & contre le bons sens , si aux différentes attaques qu’ils-formeroient, ils ne s’avisoient a u moins de diípofer leurs troupes demaniéré, que le succès ne dépendît pas uniquement de celles qui don*-neroient d’abord. Mais que celles-ci, venant à être répoussées-, pussent,cn s’écoulant, fans trop de confusion, par des espaces convenables,ménagés pour cet effet entre les divers corps, être successivementremplacées par d’autres.
Rendons plus de, justice à ces deux Généraux, disons que Crajsusfe rangea à son Infanterie, non pas en deux corps, puisque César ditque les Alliés étoient au milieu ; mais en trois corps, celui de la droi-te composé d’une partie de fínfanterie Romaine , celui de la gauche-composé de l’autre partie, celui du milieu de toute celle des Alliés;mais l’un & l’autre corps disposé sur deux lignes, comme d 'Ablancourtl'a traduit. Disons que la première ligne étoit composée probablement ,de l’infanterie qui lè servóit des armes de jet, comme Hastaires,Princes, & Armés à la légere, puisqu’il falloit prémierement combat-tre de loin, jusqu’à ce aue le passage sur le fossé étant fait, on en pûtvenir à un combat de main h Main. La seconde ligne composée decelle qui ne fe fer voit point de ces fortes d’armes, comme Triaires,
& dont souvent semploi étoit de soutenir les autres. Et fans doutel’une & l’autre ligne avec des intervalles convenables entre les Cohor-tes,
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* Guerr. Civ. I. x. pag. 105.
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