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Supplement a l' histoire de Polybe.
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SENTÍMENS D’UN HOMME DE GUERRE. 21s

voudroit parler d’une disposition que Cêjctr fit dans une rencontrequ’il eut avec Labienus. Et de celle qui faite par Scipion , dans ledessein d’interrompre, par sa Cavalerie, le travail un retranchementque César' fit tirer, & de maintenir en même tems un poste dont ceGénéral se saisit? Mais ni l’une ni l’autre, si je ne me trompe, neprouvent rien.

En ester, Cêjar , pour aller chercher des vivres, prend trente Co-hortes & environ quatre cens chevaux , avec quelques Archers. Utrouve fur ion chemin Labienus & les Pacédicns à la tête d’un fortgros détachement de Cavalerie de ? Armée de Scipion ; rangé fur ungrand front, tellement pressé , & entremêlé d’un II grand nombrede gens de trait, qu’on eût dit de loin, que ce n’étoit que de Infan-terie: Quel pouvoit être le but de Labienus par une telle disposition,si ce n’elt, en s’étendant ensuite, d’envelopper les Romains ? MaisCésar pour l’en empêcher le plus qu’il étoit en son pouvoir, range sestrente Cohortes fur une ligne: 11 met la Cavalerie fur les ailes: Etcouvre le front de la Bataille'de íès Archers & de ses Armés à la lége-re, en forte que ceux-ci tenant lieu de prémiere ligne, les Cohortesdes pesamment Armés, qui, comme en seconde ligne, ne pouvoientpas etre disposés fur des espaces fort petits, manquèrent en ce qu’ily a de plus essentiel pour une Phalange coupée. Quant à Scipion dansle dessein qu’il a été dit, volant que César avoit disposé fa Cavalerieaux postes les plus commodes, pour couvrir son Infanterie qui tra-vaiiloit à un retranchement de très-grande étendus : Que fait-il? ÍIrange toute fa Cavalerie qui étoit nombreuse, fur une feule ligne,comme de coutume; & après avoir avancé quelques mille pas, il metson infanterie, à quatre cens pas de son camp, Jur une seconde ligne ,

3 ui pour servir d’appui à la prémiere, de vol t non seulement, s’éten-re jusques-là qu’elle Pégalàt en front, mais laisser aussi entre ses Co-hortes des intervalles assez spacieux, pour ne pas courir le risque d’e-tre renversée auísi-tôt que fa Cavalerie viendroit à être poussée. S’il ya donc quelque choie dans ces deux dispositions de César Sc de Scipion,fur quoi on puisse fe fonder, ce ne peut-être que iur ce qu’ils rangerentleur Infanterie pesamment armée fur une feule ligne, au lieu de la ran-ger fur trois, selon leur coutume. Mais dans de semblables circonstan-ces pouvoient-il faire autrement? Et s’il s’agit ici des cas particuliersquelle conséquence en peut-on tirer pour des actions générales? Enfinquant au dernier, j’avouë que la relation que nous avons de la Ba-taille de Munàe , n’est pas fort nette. On volt bien fans qu’on nousle dise, qu’elle ne vient pas de la main d 'Hirtius, ou d'Oppius. L’or-dre de Bataille des deux Armées n’y est pas; Cependant l’Auteur,qui semble avoir été dans celle de César , dit „ nous marchions donc

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