Littri
IV.
214. SUPPLEMENT A ^HISTOIRE DE POLYBE.
tes, ponr laisser au moins un passade libre à ceux qui furent employésau comblement du fossé. Cette supposition est d’autant mieux fon-dée, que dans le récit que César donne de cette action, on ne voitrien qui contredise ma glose, mais que tout semble la confirmer. Caril dit que „ Crajsus se laissant emporter à' Tardeur de ses Soldats, les„ mêne à Tassaut. Que les uns écartent l’ennemi du rempart à coups„ de trait, les autres comblent le fossé 1 . Les Alliés portent partout„ des pierres, des dards, des gazons, & des fascines, par ordre de„ Crassus , qui aimoit mieux les emploier à ce travail, qu’au combat y„ parce qu’il ne se fioit pas trop en eux”. Cependant cet emploi les
faiíòit paroître parmi les combat t ans . Disons encore que César
dans le dessein de surprendre les ennemis, dont il tenoit les Chefs,comptant de les trouver plutôt renfermés dans leur camp, qu’en razecampagne rangea son Infanterie en trois corps, fi vous voulez, maisen même tems en trois lignes, puifqu’une telle disposition convenoità son dessein. Ajoutons qu’il mit la Cavalerie, pour la fraieur qu’elleavoit eue le jour précédent, non pas en seconde ligne, mais à la queue,comme porte le texte Latin. II est vrai qu’on ne voit pas ici, que lesuns écartent l’ennemi du rempart à coups de trait & que les autres com-blent le fossé; on ne le voit pas, dis-je » à cause que l’ennemi fans chefs,surpris & étonné, ne le défendit pas. Mais on en trouve ailleurs laconfirmation dans le principe fur lequel César agissoit en pareille oc-casion , lorsque pour surprendre une Légion de Pompée , qui s’étoitjettée dans un vieux retranchement, il y marcha avec trente troisCohortes, le plus secrètement qu’il put, non pas fur une feule ligne,mais sur deux *.
Quant au second j T ai dit que je ne savois pas fur quoi on se son doit.Ai-je tort? Dans toute la guerre à'dsriquc, je ne trouve que cinq dis-positions. J’en ai déjà rapporté deux. Ce sont celles de César & deScipion près de la Ville ÏÏUzite, & à la journée de Thapje , qui marquentprécisément le contraire. J’en trouve encore une troisième de la partde Scipion f. Mais elle confirme les deux premières; car on y voit,que César après avoir tiré dehors toutes ses troupes, les rangea dans1 a plaine, fans qu’il soit dit en quel ordre. Mais ce ne peut avoir étéque Tordre ordinaire, parce que Scipion tirant aussi dehors toutes sesLégions, les range en Bataille, non fur une feule ligne, ce qu’il au-roit été obligé de faire, au cas que César Feut fait ; mais sur quatrelignes , dont la prémiere, selon fa coutume étoit de Cavalerie, entre-mêlée cTEléphans armés & chargés de tours. Seroit-ce donc qu’on
vou-
* Guerr. Civ. I. Z. pag. 269 ;1 Guerr. Afr. pag. 343»