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Histoire du concile de Pise, et de ce qui s'est passé de plus mémorable depuis ce concile jusqu'au concile de Constance / par Jaques Lenfant
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DE PISE. Liv. I. 6s

- nentrent dans la Bergerie. Enfin comme Serviteur, vous navez,, plus de droit fur vous-même, vous appartenez à autrui. Ne comp- tez donc plus fur aucun loisir, fur aucune licence, ni fur aucune liberté.

Le fardeau dont vous êtes chargé , est dautant plus pesant que vous (i) Sc vos Prédécesseurs vous êtes imposé plusieurs charges,, dont le Seigneur & PEglife vous avoient exemptez. En vous ren*

dant les maîtres des Elections aux Bénéfices, des Collations, des Dispenses, Sc de tout cc qui fe faifoit autrefois par les Ordinaires &

,, par les Patrons, vous avez infiniment grossi le compte, que vous aurez à rendre. II est vrai que si vous vous acquittez fidèlement de votre administration, il ny a point d'Empire fur la terre, qui,, approche de la gloire de votre Servitude. Mais si vous faites servir votre Dignité à votre propre profit, à la pompe, au faste, si vous aimez mieux dominer, que servir, vous deviendrez en effet le plus vil de tous les esclaves. Vous ferez Serviteur, non des Serviteurs,, de Dieu, mais de la Cupidité, de T Avarice, de lOrgueuil,de lAtnbi-,, tion, qui font les Servantes du Diable, en un mot dautant Mai- tres, quil y a de Vices.

Vous voyez, Très-Saint Pere, létat déplorable de lEglife, ou plutôt fa chute ct fa ruine entiere. II y a déja seize ans quelle est déchirée, par le plus horrible & le plus pernicieux Schisme,'qui,, ait jamais été. II faut commencer par réparer ses pertes & ses bre- ches, tant par rapport au spirituel, que par rapport au temporel, ct par appliquer un prompt remede aux maux presens. Car si on laisse les choses dans létat elles font, tout ira tous les jours en,, empirant. II ne faut pas donner à manger à un malade, quand la nourriture ne fort quà augmenter son mal. Ce nest pas dalimens,, quil a besoin, cest de remedes. Quand la tête est blessée mortelle-,, ment , Sc quon ny veut pas remedier, cest en vain quon prend foin des autres membres, qui font malades. Cest précisément lc cas ou vous êtes ; Le mal de lEgliíê est à la tête qui est fendue en deux. Si donc vous êtes sage, gueriílèz promptement le mal de la tete. Comment pouvoir ramener les médians Sc les rebelles, quand il ny a plus de Discipline dans lEglise, Sc faut-il sétonner que les enfans soient désobéissants, quand la mere est foible Sc ma- lade?

La Lettre finit par léloge de P r e r r e Dailli, alors Recteurde lUniversité de Paris Sc Aumônier du Roi, Sc connu depuis fous lenom de Cardinal de Cambrai. Clemangis conseille au Pape,de íe servir desavis de ce Docteur, & de lui donner toute fa confiance. II ne pavoîtpasau reste que Benoît prît mal la liberté avec laquelle Clemangis lui avoirécrit. Au contraire il le voulut avoir pour son Sécrétasse, ct lui don-na

(0 En qualité de Cardinal 5c de Conseiller du Pape.

Tom, I. I