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DECLARATION
DE CHARLES VI. ROI DE FRANCE
Par laquelle le Duc de Bourgogne est déclaré ennemi de l'Etat.
Il est parlé de cette Déclaration dans cette Histoire , Liv. VII. L. XX. p. r,r.
Moine deSr. Denys. ”Liv. XXXIIt. "Chap. XXVII. „»,
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HAXLES PAR u GRACE
de Dieu, Roi de Fran-ce: Comme ainsi soit, quedepuis le damnable, & cruel homici-de commis, 8c perpétré par le com-,, mandement, 8c ordonnance de nos-„ tre Cousin Jean de Bourgogne , en la,, personne de feu nostre très-cher, 8e,, trèa-aimé Frère unique, Sr germain,
„ Louis Duc d’Orleans, à qui Dieu par-„ doint, ledit de Bourgogne ait pris„ sujet de venir contre nostre volonté,
„ & contre nostre deíFénse, par plusieurs,, fois réitérées, en nostre Ville de Pa-,, ris, avec de grandes troupes de gens,, de guerre, fous certains prétextes no-„ toirement faux, 8c dentier de toutevérité, au grand scandale, 8c au dan-„ ger de nostre Estât, 8c de la chose„ publique , 6c tasché de justifier cet„ horrible 8c détestable meurtre. Con-„ siderans les grands maux , inconve-„ niens, 8c dommages irréparables, qui,, à cette occasion pouvoient arriver fur„ nous, 8c nostre Peuple, 8c fur tous„ les Subjets de nostre Royaume, 8c„ voulans obvier de tout nostre pou-„ voir.ausdits dangers 8c inconveniens:„ Nous mandâmes à Chartres nostre,, très citer 8c très-aimé Fils, 8cNeveu,», le Duc â’Orléans , 8c le Comte de,, Vertus , en kan s de nostre dit Frere,„ lors mineurs, Sc en bas âge, Sc là„ firmes faire un Traité de Paix en-„ tr’eux , d’une part , 8c le dit de„ Bourgogne d’aútre: lequel Traité nos-,, dits Neveux, quoy qu'ils le trouvas-„ sent fort dur, 8c fort étrange, passé-,, rent très-patiemment néantmoins,„ tant par respect , qu'ils eurent pour,, nous, que par une juste compassion,, pour nos Subjets, qu’ils craignoient,, de voir tomber dans les malheurs de>> la guerre civile. Mais encore qu’en-», tr’autres Articles, le dit de Bourgo-,» gogne eust juré, 8c promis, entre„ nos mains, que dès lors, 8c à l’ave-,» nir, il seroit leur vray, 8c fidelle amy,„ 8c amy de tous leurs amis : il ne laif-„ fa pas aussi-tost après, de témoigner
„ tout le contraire, 8c fans se soucier„ des serments qu’il avoit faits, pour la„ ratification de cette Paix, Sc des en-„ gagements de fa foy, pour fe vanger», de quelques-uns de nos serviteurs,
,, qu’il foupçonnoit de nous avoir induits,, à punir par Justice, l’assassinat de nof-,, tre Frere, comme auffi pour avoir legouvernement, & l’administratíon de„ nostre personne , Sc de tout ce„ Royaume : qu’il avoit toûjours aflfec-„ té, Sc pour à quoy parvenir il avoit„ fait faire ce damnable meurtre: il fit« prendre 8c condamner à mort beau»„ coup de nos fidelles serviteurs, 8c„ contraignit les autres, par des voyes», étranges, 8c déraisonnables, à de», grosses , 8c excessives sommes d’ar-„ gent. Alors nosdits Neveux considé-,, rant qu’au mépris de ses promesses,„ confirmées par son serment, il avoir,» enfraintl’accord fait entr’eux.ils nous», supplièrent humblement, 8c par plu-» sieurs fois, que nous leur fissionsJuf-» tice de la mort de leur pere, comme,, de droit, nous y étions tenus: mais ledit,, de Bourgogne , qui avoit privé de„ leurs Charges nos fidelles serviteurs,„ 8c qui les avoit remplies de ses Crea-», turcs, nous empefcha d'incliner à,, leur requeste : 8c ce qui est encore» plus condamnable, voyant que pour»> le défaut de Justice ,. ils vouloient», proceder contre luy par voye de fait,„ pour vanger cet horrible attentat,„ comme ils y étoient naturellement,, obligez : il leu? imposa , 8c contre„ toute vérité fit publier contre eux,,, que nous étions suffisamment infor-„ niez, qu’eux, 8c quelques autres de,» nostre sang, qui pour lors étoient„ avec eux » nous vouloient dépouiller,„ 8c priver de nostre Etat, 8c de nos-,, tre dignité Royale, pour créer un au-», tre Roy de France. 11 passa plus ou-„ tre, car fous ombre de ces rnenfon-,, ges, 8c de ces calomnies , il émût,, nostre Peuple contr’eux, avec tous ses
„ adhérants, il nous induisit nous-mes-„ me à leur faire la guerre , afin de
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