84 HISTOIRE DU CONCILE
„ sion s’estant prise ensuite, aprés grande Sc meure délibération, ce„ n’a point esté ny par manque d’affection ou par haine, ny par au-,, cune malveillance contre vostre Paternité, qu’on ait résolu une cho-„ se qui avoit esté entamée du vivant de vostre Prédécesseur. Nous„ avons pour vous les mesmes sentiments d’amour St de tendresse, il,, n’y a point de rencontre où nous ne voulussions témoigner la„ passion que nous avons pour vostre service,il n’y a point de charge,
„ íí pesante qu’elle pu st estre, que nous ne portassions pour Vostre„ Sainteté, si elle nous la mettoit fur la teste,& quelques bruits qu’on,, fasse courir au contraire, nous ferons voir que c’est fans aucun fon-„ dement, quand elle souhaittera quelque chose de nostre part. Nous,, n’avons point choisi la voye de Cession, elle a esté approuvée par,, une .Assemblée presque Générale de toute l’Eglise Gallicane, St de„ tout ce qu’il y a de gens de bien & de sçávoir dans le Royaume,„ St nous ne nous persuaderons jamais qu’une chose si sainte puisse„ estre contre les interests, non pas mefme contre les sentiments de„ Vostre Sainteté. C’est pourquoy, nous vous supplions de mettre au„ jour cette bonne volonté depuis si long-temps conceuë, St par Ia-„ quelle vous avez promeu nos Assemblées St cette Ambassade, Sc,, nous vous conjurons par vostre propre gloire, d’accomplir vostre„ ouvrage Sc de prévenir l’honneur que recevroit l’Intrus, s’il ac-„ ceptoit la Cession devant vous ; puis qu’aussi bien il vous en faudroit„ faire autant, St que ce vous seroit autant de honte St d'affront d’y„ estre contraint, que vous mériterez de louange, St que vous aurez,, d’avantage, de l’y avoir forcé par vostre exemple.
Le Pape ne répondit qu’en termes généraux à toutes ces instances,Lc il fallut se séparer sans avoir rien conclu. Cependant il envoya auxPrinces trois de ses Cardinaux, pour marquer le jour qu’il vouloit te-nir Consistoire, Sc pour les prier que l’affaire ne se traitât pas trop pu-bliquement. Cette demande ne tendoit qu’à exclure ceux d’entre lesCardinaux Sc les Docteurs qu’il croyoit favorables à l’Union, pourn’admettre que ceux qui étoient dans ses intérêts, comme le Cardinalde Pampelune Sc les Docteurs d’Avignon. Mais le Duc répondit qu’ilseroit de mauvaise grâce, St même désavantageux à la Cause, quetous les Cardinaux n’y fussent pas présens, puis qu’ils avoient tousembrassé la voye de la Cession, & que d’ailleurs il sembleroit qu’ils nefussent pas bien unis entre eux. Qu’il étoit nécessaire que les Députezde l’Université s’y trouvassent, St que lé Pape n’avoit pas besoin d’au-tres Docteurs ; Qu’en un mot s’agislânt de l’interêt de toute la Chré-tienté, il falloit que les Princes fussent accompagnez de tout ce qu’ilspourroient de personnes notables.
Le Pape fut fort irrité de cette réponse. II trouvoit étrange qu’oneût bien entendu les Cardinaux sens lui, Sc qu’on ne voulût pas l’en-tendre sens eux. C’est ce qui l’obligea à remettre son Consistoire àune autre fois pour gagner du tems. Enfin il le tint en présence de ses
Car-